RÉFLEXION SPIRITUELLE

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
POUR LA 51ème JOURNÉE MONDIALE
DES COMMUNICATIONS SOCIALES

« Ne crains pas, car je suis avec toi » (Is 43,5).
Communiquer l'espérance et la confiance en notre temps

L'accès aux médias, grâce au développement technologique, est tel que beaucoup de gens ont la possibilité de partager instantanément l'information et de la diffuser de manière capillaire. Ces informations peuvent être bonnes ou mauvaises, vraies ou fausses. Par le passé, nos pères dans la foi parlaient de l'esprit humain comme de la meule d’un moulin qui, actionnée par l'eau, ne peut pas être arrêtée. Celui qui est responsable du moulin a cependant la possibilité de décider de moudre du grain ou de l’ivraie. L'esprit de l'homme est toujours en action et ne peut cesser de "moudre" ce qu'il reçoit, mais c’est à nous de décider de quel matériel l’approvisionner (cf. Cassien le Romain, Lettre à Léonce Higoumène).

Je voudrais que ce message puisse atteindre et encourager tous ceux qui, dans leur milieu professionnel ou dans leurs relations personnelles, "moulent" chaque jour beaucoup d’informations pour offrir un pain frais et bon à ceux qui se nourrissent des fruits de leur communication. Je voudrais exhorter chacun à une communication constructive qui, en rejetant les préjugés envers l'autre, favorise une culture de la rencontre grâce à laquelle il est possible d’apprendre à regarder la réalité en toute confiance.


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RÉFLEXION SPIRITUELLE (29 juillet 2016)

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA 50e JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES 2016

Communication et miséricorde : une rencontre féconde

Chers frères et sœurs, 

L’Année Sainte de la Miséricorde nous invite à réfléchir sur le rapport entre communication et miséricorde. En effet l’Église, unie au Christ, incarnation vivante de Dieu Miséricordieux, est appelée à vivre la miséricorde comme un trait distinctif de tout son être et de tout son agir. Ce que nous disons et la manière dont nous le disons, chaque parole et chaque geste, devrait pouvoir exprimer la compassion, la tendresse et le pardon de Dieu pour tous. L’amour, par nature, est communication, il conduit à s’ouvrir et non pas à s’isoler. Et si notre cœur et nos gestes sont animés par la charité, par l’amour divin, notre communication sera porteuse de la force de Dieu.

En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes appelés à communiquer avec tous, sans exclusion. En particulier, c’est le propre du langage et des actions de l’Église que de transmettre la miséricorde, en sorte de toucher les cœurs des personnes et de les soutenir sur le chemin vers la plénitude de la vie que Jésus Christ, envoyé par le Père, est venu apporter à tous. ~

La rencontre entre la communication et la miséricorde est féconde dans la mesure où elle génère une proximité qui prend soin, réconforte, guérit, accompagne et fait la fête. Dans un monde divisé, fragmenté, polarisé, communiquer avec miséricorde signifie contribuer à la bonne, libre et solide proximité entre les enfants de Dieu et les frères en humanité.

RÉFLEXION SPIRITUELLE (6 juillet 2016)

PROLOGUE DE LA RÈGLE DE S. BENOÎT

Avant tout, demande à Dieu par une très instante prière qu’il mène à bonne fin tout bien que tu entreprends. Ainsi, celui qui a déjà daigné nous admettre au nombre de ses enfants n’aura pas sujet, un jour, de s’affliger de notre mauvaise conduite. Car, en tout temps, il faut avoir un tel soin d’employer à son service les biens qu’il a mis en nous, que non seulement il n’ait pas lieu, comme un père offensé, de priver ses fils de leur héritage, mais encore qu’il ne soit pas obligé, comme un maître redoutable et irrité de nos méfaits, de nous livrer à la punition éternelle, tels de très mauvais serviteurs qui n’auraient pas voulu le suivre pour entrer dans la gloire.

Levons-nous donc enfin, l’Écriture nous y invite : L’heure est venue, dit-elle, de sortir de notre sommeil. Ouvrons les yeux à la lumière qui divinise. Ayons les oreilles attentives à l’avertissement que Dieu nous adresse chaque jour : Si vous entendez aujourd’hui sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs, et ailleurs : Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. Et que dit-il ? Venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Courez, pendant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent.

Le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la multitude du peuple à laquelle il fait entendre ces appels, dit encore : Quel est celui qui désire la vie et souhaite voir des jours heureux ? Que si, à cette demande, tu lui réponds : « C’est moi », Dieu te réplique : Si tu veux jouir de la vie véritable et éternelle, garde ta langue du mal et tes lèvres de toute parole trompeuse ; détourne-toi du mal et fais le bien ; recherche la paix et poursuis-la. Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux veilleront sur vous et mes oreilles seront attentives à vos prières, et avant même que vous ne m’invoquiez, je vous dirai : Me voici. Quoi de plus doux, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa bonté, nous montre le chemin de la vie.

Ceignons donc nos reins par la foi et la pratique des bonnes œuvres ; sous la conduite de l’Évangile, avançons sur ses chemins, afin de mériter de voir un jour celui qui nous a appelés dans son royaume. Si nous voulons habiter dans le tabernacle de ce royaume, sachons qu’on n’y parvient que si l’on y court par les bonnes actions. ~

Comme il y a un zèle amer, mauvais, qui sépare de Dieu et conduit en enfer, de même il y a un bon zèle qui éloigne des vices, et conduit à Dieu et à la vie éternelle. C’est ce zèle que les moines doivent pratiquer avec une ardente charité, c’est-à-dire : ils s’honoreront mutuellement de leurs prévenances ; ils supporteront très patiemment les infirmités d’autrui, tant celles du corps que celles de l’esprit ; ils s’obéiront à l’envi les uns aux autres ; nul ne recherchera ce qu’il juge utile pour soi, mais bien plutôt ce qui l’est pour autrui ; ils se rendront chastement les devoirs de la charité fraternelle ; ils auront pour Dieu une crainte inspirée par l’amour ; ils auront pour leur abbé un amour humble et sincère ; ils ne préféreront absolument rien au Christ, qui veut nous conduire tous ensemble à la vie éternelle.

RÉFLEXION SPIRITUELLE (3 juillet 2016)

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR L'ANCIEN TESTAMENT

« Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé »

Mon crime, dit David, moi, je le reconnais. Si moi, je reconnais, c'est donc à toi de fermer les yeux. Ne prétendons aucunement que notre vie est vertueuse et que nous sommes sans péché. Pour que notre vie mérite l'éloge, demandons pardon. Les hommes sans espérance, moins ils font attention à leurs propres péchés, plus ils sont curieux des péchés d'autrui. Ils ne cherchent pas ce qu'ils vont corriger, mais ce qu'ils vont critiquer. Et puisqu'ils ne peuvent pas s'excuser, ils sont prêts à accuser les autres. Ce n'est pas l'exemple de prière et de satisfaction envers Dieu que nous donne le psalmiste lorsqu'il dit : Car mon crime, moi, je le reconnais ; et mon péché est toujours devant moi. Celui-là n'était pas attentif aux péchés d'autrui. Il invoquait son propre témoignage contre lui-même, il ne se flattait pas, mais il s'examinait, il descendait profondément en lui-même. Il ne se pardonnait pas et c'est justement pour cela qu'il pouvait demander sans impudence d'être pardonné.

Tu veux te réconcilier avec Dieu ? Apprends à te comporter de telle sorte que Dieu se réconcilie avec toi. Remarque ce qu'on lit dans le même psaume : Car, si tu avais voulu un sacrifice, je te l'aurais bien offert ; tu ne prendras pas plaisir aux holocaustes. Tu n'auras donc pas de sacrifice ? Tu n'auras rien à offrir, tu n'auras aucune offrande pour te réconcilier avec Dieu ? Écoute la suite, et dis à ton tour : Le sacrifice pour Dieu, c'est un esprit brisé. Le cœur brisé et humilié, Dieu ne le méprise pas. Après avoir rejeté ce que tu offrais, tu as trouvé quelque chose à offrir. Tu voulais offrir, comme tes pères, des animaux immolés, ce qu'on appelait des sacrifices. Si tu avais voulu un sacrifice, je t'en aurais bien offert. Ce n'est donc pas cela que tu cherches, et pourtant c'est un sacrifice que tu cherches.

Tu ne prendras pas plaisir aux holocaustes, dit-il. Ainsi donc, parce que tu ne prendras pas plaisir aux holocaustes, tu resteras sans sacrifice ? Pas du tout ! Le sacrifice pour Dieu, c'est un esprit brisé ; le cœur brisé et humilié, Dieu ne le méprise pas. Tu possèdes de quoi offrir. N'inspecte pas un troupeau, n'arme pas des navires et ne franchis pas la mer jusqu'à des régions lointaines pour en rapporter des aromates. Cherche dans ton cœur ce qui peut plaire à Dieu. Il faut briser ton cœur. Ne crains pas qu'il en meure ! On te le dit ici : O Dieu, crée en moi un cœur pur. Pour que soit créé un cœur pur, il faut briser le cœur impur.

Il faut nous déplaire à nous-mêmes quand nous péchons, parce que les péchés déplaisent à Dieu. Et puisque nous ne sommes pas sans péché, nous ressemblerons à Dieu au moins en ce que le péché nous déplaît, comme à lui. Pour une part tu seras uni à la volonté de Dieu, car ce qui te déplait en toi, c'est ce que déteste celui qui t'a crée.

RÉFLEXION SPIRITUELLE (1 juillet 2016)

TRAITÉ DE SAINT AUGUSTIN SUR LA PRÉDESTINATION DES SAINTS

C'est par grâce que vous êtes sauvés

La lumière la plus éclatante sur la prédestination et la grâce, c'est le Sauveur lui-même, médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus. Par quels mérites préalables de sa foi ou de ses œuvres, la nature humaine qui est en lui a-t-elle obtenu d'occuper cette place ? Répondez à ma question : cet homme, comment a-t-il mérité d'être le Fils unique de Dieu, assumé par le Verbe coéternel au Père dans l'unité d'une personne divine ? Quelle sorte de bien, de sa part, a précédé cette union ? Qu'a-t-il fait auparavant, qu'a-t-il cru, qu'a-t-il demandé pour parvenir à cette supériorité inexprimable ? Si cet homme, dès qu'il a commencé d'exister, a commencé d'être le Fils unique de Dieu, n'est-ce pas par l'action et l'accueil du Verbe ? ~

C'est pourquoi nous devons découvrir en notre chef la source même par laquelle, selon la mesure de chacun, la grâce se répand dans tous ses membres. Tout homme devient chrétien, lorsqu'il commence à croire, par cette même grâce qui a fait que cet homme-là, dès son origine, est devenu le Christ. Le chrétien est rené de ce même Esprit Saint de qui le Christ est né. La rémission des péchés s'accomplit en nous par ce même Esprit Saint, grâce auquel le Christ n'a aucun péché. Certainement Dieu a su à l'avance qu'il agirait ainsi. Cette prédestination des saints a donc éclaté au plus haut degré chez le Saint par excellence. Qui donc pourrait la nier, parmi ceux qui comprennent bien les paroles de vérité ? Car nous avons appris que le Seigneur de gloire a été prédestiné, en tant que cet homme est devenu Fils de Dieu. ~

Jésus a donc été prédestiné, si bien que celui qui devait être le fils de David selon la chair, devrait être cependant le Fils de Dieu en toute puissance, selon l'Esprit de sanctification ; et cela parce qu'il est né de l'Esprit Saint et de la Vierge Marie. C'est ainsi que s'est réalisée de façon inexprimable cette adoption sans précédent d'un homme par le Verbe qui est Dieu, au point qu'on pourrait le dire proprement et véritablement tout ensemble Fils de Dieu et fils d'homme : fils d'homme, parce que c'est un homme qui est accueilli, et Fils de Dieu, parce que c'est le Fils unique de Dieu qui accueille l'homme. Sans cela, on ne devrait pas croire en la Trinité, mais en une quaternité.

Cette exaltation prédestinée de la nature humaine est telle, si sublime et si souveraine, qu'on ne peut en concevoir de plus élevée. De même, la divinité, de son côté, ne pouvait s'abaisser davantage qu'en accueillant la nature humaine avec la faiblesse de sa chair jusqu'à mourir sur la croix. De même donc que cet être unique a été prédestiné à être notre chef, ainsi avons-nous été prédestines, si nombreux que nous soyons, à être ses membres. Les mérites humains n'ont rien à dire ici, puisqu'ils avaient disparu par la faute d'Adam ; et ce qui doit régner, c'est la grâce de Dieu qui règne par Jésus Christ notre Seigneur, Fils unique de Dieu et le seul Seigneur. Si quelqu'un découvre dans notre chef des mérites préalables à cette génération sans pareille, qu'il cherche donc en nous, ses membres, des mérites préalables à notre innombrable régénération.

RÉFLEXION SPIRITUELLE (29 juin 2016)

HOMÉLIE DE S. AUGUSTIN POUR LA FÊTE DES APÔTRES PIERRE ET PAUL

Ils ont vu ce qu'ils ont prêché

Le martyre des saints Apôtres Pierre et Paul a fait pour nous de ce jour un jour sacré. Nous ne parlons pas de quelques martyrs obscurs : Ce qu’ils proclament a retenti par toute la terre, et leur parole, jusqu’au bout du monde. Ces martyrs ont vu ce qu’ils ont prêché, après avoir vécu selon la justice, en proclamant la vérité, en mourant pour la vérité.

C’est le bienheureux Pierre, le premier des Apôtres, celui qui aimait fougueusement le Christ, qui a eu le bonheur de s’entendre dire : Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre. Car lui-même venait de dire : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. Et le Christ lui dit alors : Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. Sur cette pierre je bâtirai la foi que tu viens de confesser. Sur cette parole que tu viens de dire : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant, je bâtirai mon Église. Car tu es Pierre. Le nom de Pierre vient de la pierre, et non l’inverse. Le nom de Pierre vient de la pierre, comme « chrétien » vient de Christ. ~

Ainsi que vous le savez, le Seigneur Jésus, avant sa passion, choisit ses disciples, et leur donna le nom d’Apôtres. Parmi eux, c’est Pierre qui, presque en toute circonstance, mérita de personnifier toute l’Église à lui seul. C’est parce qu’il personnifiait l’Église à lui seul qu’il a eu le bonheur de s’entendre dire : Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux. En effet, ce n’est pas un homme seul, mais l’Église dans son unité, qui a reçu ces clefs. Ceci met en relief la prééminence de Pierre, car il a représenté l’universalité et l’unité de l’Église lorsqu’il lui fut dit : Je te confie, alors que c’était confié à tous. En effet, pour que vous sachiez que c’est l’Église qui a reçu les clefs du Royaume des cieux, écoutez ce que le Seigneur dit à tous ses Apôtres dans un autre endroit : Recevez l’Esprit Saint. Et aussitôt : Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. ~

Et c’est encore à juste titre que le Seigneur, après sa résurrection, confia à Pierre en personne la charge de faire paître ses brebis. Car il n’est pas le seul parmi les disciples qui méritait de faire paître les brebis du Seigneur ; mais si le Christ parle à un seul, c’est pour mettre en valeur l’unité. Et il s’adresse en premier à Pierre parce que Pierre est le premier parmi les Apôtres. ~ Ne sois pas triste, Apôtre, d’être interrogé trois fois : réponds une fois, réponds deux fois, réponds trois fois. Que ta confession soit victorieuse trois fois par l’amour, parce que ta présomption a été trois fois vaincue par la crainte. Il faut délier trois fois ce que tu avais lié trois fois. Délie par l’amour ce que tu avais lié par la crainte. Et cependant le Seigneur, une fois, deux fois, et trois fois, a confié ses brebis à Pierre. ~

En un même jour, on célèbre la passion de deux Apôtres ! Mais ces deux ne faisaient qu’un : bien qu’ils aient souffert à des jours différents, ils ne faisaient qu’un. Pierre a précédé, Paul a suivi. ~ Nous célébrons le jour de fête de ces Apôtres, consacré pour nous par leur sang. Aimons leur foi, leur vie, leurs labeurs, leurs souffrances, ce qu’ils confessaient, ce qu’ils prêchaient.

RÉFLEXION SPIRITUELLE (24 juin 2016)

HOMÉLIE DE S. AUGUSTIN POUR LA NATIVITÉ DE JEAN BAPTISTE

L'Église considère la naissance de Jean comme particulièrement sacrée : on ne trouve aucun des saints qui nous ont précédés dont nous célébrions solennellement la naissance. Nous ne célébrons que celle de Jean et celle du Christ. Ce ne peut être sans motif ; et si peut-être nous n'y voyons pas très clair en raison de la noblesse d'un tel mystère, nous le méditerons cependant de façon fructueuse et profonde.

Jean naît d'une vieille femme stérile ; le Christ naît d'une jeune fille vierge. ~ La naissance de Jean rencontre l'incrédulité, et son père devient muet ; Marie croit à celle du Christ, et elle le conçoit par la foi. ~ Nous vous avons proposé d'en chercher la raison, nous vous avons annonce que nous allions y réfléchir. Mais c'était un simple préambule, et si nous ne sommes pas capables de scruter les replis d'un si grand mystère, faute de capacité ou de temps, vous serez mieux instruits par celui qui parle en vous, même en notre absence, celui à qui vous pensez avec affection, celui que vous avez accueilli dans votre cœur, celui dont vous êtes devenus les temples. ~

Jean apparaît donc comme une frontière placée entre les deux testaments, l'ancien et le nouveau. Qu'il forme une sorte de frontière, le Seigneur lui-même l'atteste lorsqu'il dit : La Loi et les Prophètes vont jusqu'à Jean. Il est donc un personnage de l'antiquité et le héraut de la nouveauté. Parce qu'il représente l'antiquité, il naît de deux vieillards ; parce qu'il représente la nouveauté, il se révèle prophète dans les entrailles de sa mère. En effet, avant sa naissance, lorsque Marie s'approcha, il bondit dans le sein de sa mère. Là déjà il était désigné pour sa mission, désigné avant d'être né. Il apparaît déjà comme le précurseur du Christ, avant que celui-ci puisse le voir. Ces choses-là sont divines et elles dépassent la capacité de la faiblesse humaine. Enfin a lieu sa naissance, il reçoit son nom, son père retrouve la parole. Il faut rattacher ces événements à leur symbolisme profond. ~

Zacharie se tait et perd la parole jusqu'à la naissance de Jean, précurseur du Seigneur, qui lui rend la parole. Que signifie le silence de Zacharie sinon que la prophétie a disparu, et qu'avant l'annonce du Christ, elle est comme cachée et close ? Elle s'ouvre à son avènement, elle devient claire pour l'arrivée de celui qui était prophétisé. La parole rendue à Zacharie à la naissance de Jean correspond au voile déchiré à la mort de Jésus sur la croix. Si Jean s'était annoncé lui-même, la bouche de Zacharie ne se serait pas rouverte. La parole lui est rendue à cause de la naissance de celui qui est la voix ; car on demandait à Jean qui annonçait déjà le Seigneur : Toi, qui es-tu ? Et il répondit : Je suis la voix qui crie dans le désert. La voix, c'est Jean, tandis que le Seigneur est la Parole : Au commencement était le Verbe. Jean, c'est la voix pour un temps ; le Christ, c'est le Verbe au commencement, c'est le Verbe éternel.

RÉFLEXION SPIRITUELLE (22 juin 2016)

TRAITÉ DE SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE SUR LA PERFECTION CHRÉTIENNE

« Le nom du Christ et celui des chrétiens »

Saint Paul, avec plus de précision que personne, a compris qui est le Christ et a montré, à partir de ce que celui-ci a fait, comment doivent être ceux qui portent son nom. ~

Il nous a donc révélé ce que signifie le nom du Christ, lorsqu'il nous dit, que le Christ est puissance de Dieu et Sagesse de Dieu ; en outre, il l'a appelé paix et lumière inaccessible où Dieu habite, sanctification et rédemption, grand prêtre, agneau pascal, pardon pour les âmes, lumière éclatante de la gloire, expression parfaite de la substance, créateur des mondes, nourriture et boisson spirituelle, rocher et eau, fondement de la foi, pierre angulaire, image de Dieu invisible, grand Dieu, tête du corps qui est l'Église, premier-né avant toute créature, premier-né d'entre les morts, premier-né de la multitude de frères, médiateur entre Dieu et les hommes, Fils unique couronné de gloire et d'honneur, Seigneur de gloire, commencement de ce qui existe, ~ roi de justice et ensuite roi de paix, et roi de tous les hommes, avec une puissance royale sans aucune limite.

Il y a encore beaucoup de noms à ajouter à ceux-là, et leur nombre les rend difficiles à compter. Mais si nous rassemblons tous ces noms et si nous rapprochons leurs diverses significations, ils nous montreront tout ce que signifie le nom de Christ, si bien que nous pourrons comprendre toute la grandeur de ce nom inexprimable.

RÉFLEXION SPIRITUELLE (19 juin 2016)

PETIT TRAITÉ DE FAUSTIN DE ROME SUR LA TRINITÉ

Jésus est « Christ » par l'onction du Saint-Esprit

Notre Sauveur est devenu vraiment Christ ou Messie dans son incarnation : et il demeure vrai roi et vrai prêtre : il est lui-même l'un et l'autre, car il ne faut en rien diminuer le Sauveur. Écoutez-le dire qu'il a été fait roi : J'ai été constitué roi par lui sur Sion, sa sainte montagne. Écoutez encore le témoignage du Père affirmant qu'il est prêtre. Tu es prêtre pour toujours, à la manière de Melchisédech.

Aaron fut le premier, sous la Loi ancienne, à être fait prêtre par l'onction du chrême. Mais Dieu n'a pas dit : « à la manière d'Aaron », pour qu'on ne croie pas que le sacerdoce du Sauveur pouvait être donné par une succession. En effet, le sacerdoce que possédait Aaron demeurait grâce à une succession mais le sacerdoce du Sauveur ne passe pas à un autre par succession, parce que lui-même demeure continuellement prêtre, selon ce qui est écrit : Tu es prêtre pour toujours, à la manière de Melchisédech.

Il est donc, par son incarnation, sauveur, prêtre et roi. Mais il a reçu l'onction spirituellement et non matériellement. Ceux qui, chez les Israélites, étaient prêtres et rois, recevaient une onction matérielle d'huile qui les faisait prêtres et rois. Aucun ne possédait à lui seul ces deux titres : chacun d'eux était ou bien prêtre ou bien roi. La perfection et la plénitude totales appartiennent exclusivement au Christ, lui qui était venu accomplir la Loi.

Mais, bien que chacun d'eux n'eût pas les deux titres, cependant, parce qu'ils avaient reçu matériellement l'onction d'huile, royale ou sacerdotale, on les appelait messies ou christs. Tandis que le Sauveur, qui est vraiment le Christ, a été consacré par l'onction du Saint-Esprit, pour que s'accomplisse ce qui a été écrit de lui : C'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a consacré par l'onction avec l'huile d'allégresse, de préférence à tes compagnons. Il est au-dessus des compagnons qui portent ce nom de «christs» à cause de l'onction, parce qu'il a été consacré avec l'huile de joie, qui ne désigne pas autre chose que le Saint-Esprit.

Par le Sauveur lui-même, nous savons que cela est vrai. Quand il reçut le livre d'Isaïe, il l'ouvrit et y lut : L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, puis il déclara que la prophétie était alors accomplie pour ceux qui l'entendaient. En outre, Pierre, le prince des Apôtres, nous a enseigné que ce chrême, par lequel le Seigneur se manifeste comme Christ, est le Saint-Esprit, autrement dit la puissance de Dieu. Lorsqu'il parlait, dans les Actes des Apôtres, à cet homme plein de foi et de miséricorde qu'était le centurion, il dit, entre autres choses : Cela a commencé en Galilée, après le baptême proclamé par Jean. Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et sa puissance. Là où il passait, il accomplissait des miracles et des merveilles, et il délivrait tous ceux qui étaient assiégés par le démon.

RÉFLEXION SPIRITUELLE (17 juin 2016)

COMMENTAIRE DE SAINT CYPRIEN SUR LA PRIÈRE DU SEIGNEUR

« Que ton règne vienne. Que ta volonté soit faite »

La prière se poursuit : Que ton règne vienne. Nous demandons que le règne de Dieu se réalise pour nous, dans le sens ou nous implorons que son nom soit sanctifié en nous. Quand est-ce, en effet, que Dieu ne règne pas ? Et quand donc a commencé ce qui en lui a toujours existé, et ne cessera jamais ? Nous demandons que vienne notre règne, celui que Dieu nous a promis, celui que le Christ nous a obtenu par sa passion et son sang. Ainsi, après avoir été des esclaves en ce monde, nous serons des rois, lorsque le Christ sera souverain, comme lui-même nous le promet lorsqu'il dit : Venez, les bénis de mon Père prendre en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde.

Mais il est possible, frères bien-aimes, que le Christ en personne soit ce règne de Dieu, dont nous désirons chaque jour la venue, dont nous souhaitons que l'avènement se présente bientôt à nous. Car, de même qu'il est la Résurrection, puisque nous ressuscitons en lui, on peut comprendre de même qu'il est le règne de Dieu, puisque c'est en lui que nous régnerons. Il est bon pour nous de demander le règne de Dieu, c'est-à-dire le règne céleste, car il y a aussi un règne terrestre. Mais celui qui a déjà renoncé au monde est au-dessus de ses honneurs et de son règne. ~

Nous ajoutons ensuite : Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel, non pas pour que Dieu fasse ce qu'il veut, mais pour que nous puissions faire ce que Dieu veut. Qui donc peut empêcher Dieu de faire ce qu'il veut ? Mais parce que le diable empêche nos pensées et nos actes d'obéir à Dieu en tout, nous prions et demandons que la volonté de Dieu se fasse en nous. Or, pour qu'elle se fasse en nous, nous avons besoin de sa volonté, c'est-à-dire de son assistance et de sa protection. Personne en effet ne peut compter sur ses propres forces, mais la bonté et la miséricorde de Dieu sont notre appui. Jusqu'au Seigneur, qui a montré la faiblesse humaine qu'il portait, lorsqu'il a dit : Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Et il donnait l'exemple à ses disciples, pour qu'ils fassent non leur volonté, mais celle de Dieu, lorsqu'il ajoutait : Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. ~

La volonté de Dieu, c'est ce que le Christ a fait et enseigné : l'humilité dans la conduite, la fermeté dans la foi, la retenue dans les paroles, la justice dans les actions, la miséricorde dans les œuvres, la rectitude dans les mœurs ; être incapable de faire du mal, mais pouvoir le tolérer quand on en est victime, garder la paix avec les frères, chérir le Seigneur de tout son cœur, aimer en lui le Père, et craindre Dieu, ne préférer absolument rien au Christ, car lui-même n'a rien préféré à nous ; s'attacher inébranlablement à son amour ; se tenir à sa croix avec force et confiance ; quand il faut lutter pour son nom et son honneur, montrer de la constance dans notre confession de foi montrer, sous la torture, cette confiance qui soutient notre combat et, dans la mort, cette persévérance qui nous obtient la couronne : c'est cela, vouloir être héritier avec le Christ ; c'est cela, obéir au précepte de Dieu ; c'est cela, accomplir la volonté du Père.

RÉFLEXION SPIRITUELLE (15 juin 2016)

COMMENTAIRE DE SAINT CYPRIEN SUR LA PRIÈRE DU SEIGNEUR

« Que ton nom soit sanctifié »

Comme le Seigneur est plein de miséricorde ! Comme sa bienveillance et sa bonté envers nous sont généreuses ! Il a voulu que nous fassions notre prière en présence de Dieu, de telle sorte que nous donnions au Seigneur le nom de Père, et que nous nous désignions comme ses fils, de même que le Christ est Fils de Dieu. Aucun de nous n'aurait osé employer ce nom dans la prière si lui-même ne nous avait autorisés à prier ainsi.

Nous devons donc nous rappeler et savoir, frères bien-aimés, lorsque nous appelons Dieu notre Père, que nous devons nous conduire en fils de Dieu : et de même que nous nous complaisons à considérer Dieu comme notre Père, il doit pouvoir se complaire lui aussi en nous.

Vivons comme étant les temples de Dieu, pour qu'il soit évident que Dieu habite en nous. Nos actes ne doivent pas être indignes de l'Esprit : devenus maintenant des hommes spirituels et célestes, n'ayons de pensées et d'actions que spirituelles et célestes, car le Seigneur Dieu l'a dit lui-même : J'honorerai ceux qui m'honorent et ceux qui me méprisent seront méprisés. Et l'Apôtre Paul a déclaré dans sa lettre : Vous n'appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés très cher. Honorez Dieu dans votre corps.

Ensuite nous disons : Que ton nom soit sanctifié. Ce n'est pas parce que nous souhaitons que Dieu soit sanctifié par nos prières, mais parce que nous demandons au Seigneur que son nom soit sanctifié en nous. D'ailleurs, par qui Dieu pourrait-il être sanctifié, puisque c'est lui qui sanctifie ? Il a dit lui-même : Soyez saints parce que je suis saint. Aussi demandons-nous instamment, puisque nous avons été sanctifiés au baptême, de persévérer dans ce que nous avons commencé d'être. Et nous prions pour cela chaque jour. Nous avons besoin d'une sanctification quotidienne: puisque nous péchons chaque jour, nous devons nous purifier par une sanctification spirituelle.