Yad Vashem défend la légende de la photo de Pie XII

2012-07-06 L’Osservatore Romano

Jérusalem, le 6 juillet. A propos de la modification de la légende à côté de la photo de Pie XII à Yad Vashem, la direction du musée sacré en mémoire des victimes de la Shoah a critiqué le commentaire polémique de Riccardo Di Segni, grand rabbin de Rome, en  démentant toute influence politique et en défendant avec fermeté son choix au nom d’une plus grande clarté et de nouvelles avancées historiques. Après avoir rappelé « la réputation mondiale » de son « intégrité académique » – affirme l’ANSA – la direction du musée a parlé de « désinformation » en réaffirmant que le changement est advenu sans « aucune pression ou accord avec le Vatican », une supposition définie « totalement infondée ». La mise à jour est en revanche le « reflet de recherches et de recueil d’informations en cours » qui avaient conduit dès  2009 David Bankier, à présent disparu et alors chef du prestigieux institut de recherche sur la Shoah de Yad Vashem, à convoquer à Jérusalem un séminaire international d’historiens de diverses orientations visant à approfondir et à réévaluer l’action du Pape Pacelli pendant la Shoah.

Ce sont justement les résultats de ce séminaire, dont les actes seront bientôt publiés, qui ont constitué « la base » de la nouvelle légende. L’institution a ensuite ajouté qu’il a été tenu compte des commentaires des visiteurs du musée, qui demandaient des lumières et des précisions sur ce qui, dans la précédente légende, était présenté comme l’œuvre « controversée » de Pie XII. Dans la lettre de Yad Vashem au rabbin Di Segni – signée par les historiens Dan Michman, Dina Porat et Bella Gutterman, les plus hautes autorités scientifiques de l’institution, et par le consultant Yehuda Bauman, autorité académique mondiale dans les études sur la Shoah – est repris point par point le nouveau texte, en soulignant que celui-ci signale quoi qu’il en soit les accusations sur le silence imputé à Pacelli et sur son présumé « manquement moral », à côté des raisons de ceux qui, en revanche, le défendent, tout en réaffirmant la demande d’une ouverture complète des archives du Vatican.