• François en Arménie: Messe à Gyumri

Un travail pour tous, le Pape invite à soutenir les jeunes chômeurs

2016-01-16 Radio Vatican

(RV) Entre 16 et 20 000 personnes ont fait des kilomètres pour rencontrer le Saint-Père ce samedi 16 janvier 2016 au Vatican, hélas la salle Paul VI n’était pas assez grande et près de 10 000 fidèles ont dû rester dehors. Venant d’Italie, mais également d’autres pays européens voire du continent américain ou d’Australie, plus de 7 000 membres du Mouvement des travailleurs chrétiens ont été reçus en audience par le Pape en Salle Paul VI.

«Malgré le fait que le mal ait corrompu le monde et l’activité humaine, dans le travail libre, créatif, participatif et solidaire, l’être humain exprime et accroît la dignité de sa vie (Evangelii Gaudium, 192) » a rappelé François. Interpelé sur «la vocation de l’homme à travailler», le Pape a expliqué comment répondre au mieux à cette vocation qui correspond à l’appel de Dieu «à cultiver et protéger» la maison commune. 

Éducation, partage et témoignage

Le Pape a eu recours à trois mots-clés pour y répondre. D’abord, l’éducation. Et le Pape n’entend pas uniquement le fait d’enseigner une technique ou des notions, mais de «faire émerger le meilleur de notre cœur», de «nous rendre plus humain ainsi que la réalité qui nous entoure». Cela vaut pour le travail. Il faut former les gens à «un nouvel humanisme du travail» où l’économie sert l’homme et non l’inverse.

En outre, l’éducation aide à ne pas céder aux mensonges de ceux qui veulent qui veulent faire croire que le travail, et l’effort quotidien, le don de soi et les études n’ont pas de valeur. Le Pape juge «urgent» d’éduquer les gens à parcourir «la route lumineuse et exigeante de l’honnêteté», loin du favoritisme et des recommandations «petites ou grandes tentations» qui sont «indignes de l’homme». Il faut les rejeter, en habituant son cœur à rester libre. Sinon, avertit le Pape, on prend le risque de plonger dans la mentalité «fausse et nocive» de l’illégalité : «une pieuvre qu’on ne voit pas, qui se cache, immergée, mais qui avec ses tentacules enserre et empoisonne, fait du mal».

Deuxième mot-clé : le partage. Le travail c’est une opportunité d’entrer en relation avec les autres. Le travail devrait unir les personnes et non les éloigner les unes des autres, souligne le Pape. Il nous offre l’occasion au quotidien de nous intéresser à ceux qui sont à nos côtés. La présence de l’autre est «un don», et «une responsabilité». Aussi, le Pape encourage chacun à ne pas faire de projet que pour soi-même, mais également de projeter des choses pour les autres, car cela permet de «faire un pas en avant». On met alors, explique François, son intelligence au service de l’amour. L’autre est inclus et la vie plus heureuse car on est capable de donner.

Ne pas faire la morale aux chômeurs, les accompagner

La dernière parole est le témoignage. L’apôtre Paul encourageait les fidèles à témoigner  en travaillant, contre la paresse et l’indolence, avec cette règle établie : «qui ne travaille pas, ne mange pas». Aujourd’hui, regrette François, tant de personnes voudraient travailler mais ne le peuvent pas, fatigant même à se nourrir. Le Pape souligne en particulier la situation de ces jeunes au chômage, jusqu’à 50% d’entre eux dans certains pays de notre Europe « si cultivée ». Sans travail, ils deviennent dépendants, malades au niveau psychologique, certains se suicident, «un drame». Ce sont «les nouveaux exclus de notre temps» que l’on prive de leur dignité. La justice humaine implique l’accès pour tous au travail.

En cette Année de la Miséricorde, le Pape rappelle que face à ces personnes en difficulté, «il ne sert à rien de faire la morale, il faut au contraire transmettre l’espérance, les réconforter de votre présence, et les soutenir de manière concrète ». Le Pape encourage ainsi chacun des participants à poursuivre son témoignage de gratuité, de solidarité et d’esprit de service pour « apporter la lumière du Seigneur dans les endroits où il vit et travaille. »

Un mouvement datant de 1972

Avant l’arrivée du Saint-Père, plusieurs témoignages dont ceux du cardinal Seppe, l’archevêque de Naples qui a réaffirmé qu’ «une société ne pouvait vivre sans travail», le travail étant un «droit fondamental pour toutes les personnes». Sans travail, la société se fragilise. Il a encouragé le mouvement à poursuivre son travail en Italie et l'a félicité pour avoir récemment ouvert son horizon afin d'aider des personnes vulnérables.

D'ailleurs Mgr Fouad Twal, le Patriarche latin de Jérusalem, a remercié le mouvement pour son aide dans la construction de l’Université de Madaba et de maisons pour permettre aux familles chrétiennes de rester à Jérusalem. 82 familles ont pu bénéficier de cette aide.

Lors de cette audience, le Mouvement a présenté ses nombreuses initiatives de coopération internationale pour aider les plus faibles, les plus pauvres, les victimes de la violence due à l’indifférence ou aux guerres «sans chercher à montrer combien nous sommes bons ou courageux, précisait avant la rencontre le président du mouvement Carlo Costalli, «mais simplement parce que se soucier et s’occupent de l’autre est au cœur de l’enseignement chrétien» .

A l’issue de l’audience en Salle Paul VI, le Patriarche latin de Jérusalem, sa Béatitude Fouad Twal a présidé une messe pour le Mouvement des travailleurs chrétiens en la basilique Saint-Pierre.

 

Le Mouvement des travailleurs chrétiens compte plus de 300 000 membres et œuvre depuis sa fondation en 1972 en Italie, à promouvoir les principes chrétiens dans la vie, la culture, les systèmes juridiques et la législation pour donner un visage humain au capitalisme et apporter leur aide matérielle et spirituelle aux travailleurs.  

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)