Un engagement commun pour le renouveau

2013-01-24 L’Osservatore Romano

Les chrétiens protestants sont en chemin vers la commémoration des 500 ans de la Réforme, qui aura lieu en 2017. Dans ce contexte, la « décennie de Luther », organisée en Allemagne, accueille des élans réformateurs qui vont jusqu'au moment présent et adopte ainsi un concept moderne de Réforme, dans le sens d'une réforme à réaliser continuellement. Cela a lieu en vertu de la conviction selon laquelle la Réforme est devenue, entre temps, citoyenne du monde.

Dans l'approche catholique de cette commémoration, en revanche, il s'agit plutôt de comprendre ce que l'on doit fêter: le début de la dispute sur les indulgences, la publication des 95 thèses du réformateur allemand Martin Luther, le début du conflit entre Luther et ses opposants, le conflit avec le Pape, le début de la Réforme ou même de l'époque des réformes, le début de l'époque moderne et du siècle des Lumières, la nouvelle interprétation protestante de la tradition chrétienne, la division de la chrétienté occidentale? Avec cette dernière définition, ou même avant avec les autres, voici que le rapprochement entre « anniversaire »,  « commémoration » et « division de la chrétienté » devient problématique. C'est à cela que se réfère également l'affirmation du célèbre théologien protestant Wolfhart Pannenberg: « La division de l'Eglise au XVIe siècle ne peut être entendue comme le succès de la Réforme, mais seulement comme l'expression de son échec temporaire; la Réforme visait en effet au renouveau de toute l'Eglise, en référence à son origine biblique ».

Matthias Türk