Toujours en chemin (11 mai 2017)

PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Toujours en chemin

Jeudi 11 mai 2017

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 022 du 01 juin 2017)

Un «peuple en chemin» qui, entre grâce et péché», va de l’avant dans l’histoire vers «la plénitude des temps». Et dans ce peuple, il y a chaque chrétien qui parcourt son itinéraire personnel vers le jour où il se retrouvera «face à face» avec ce Dieu qui entre temps, «ne nous laisse jamais seuls». «Dieu s’est fait connaître dans l’histoire: le salut de Dieu, cette merveille de sa miséricorde que nous avons mentionnée dans la prière, aujourd’hui, au début, a une grande histoire, une longue histoire: une histoire de grâce et de péché». François a approfondi cet aspect en suggérant de lire les généalogies de Jésus écrites par Matthieu et Luc, où l’on rencontre «de nombreux hommes et femmes bons, tant de saints et tant de pécheurs». Dans cette séquence, «la promesse de Dieu allait de l’avant et quand ce fut la plénitude des temps, il envoya son Fils». Voilà la première considération: «Le salut de Dieu est en chemin vers la plénitude des temps», un chemin où il y a des «saints et des pécheurs». Le Seigneur «guide son peuple, avec des moments bons et mauvais, avec liberté et esclavage; mais il guide son peuple vers la plénitude», quand «est apparu Jésus». «De plus, Jésus s’en est allé, mais il ne nous a pas laissés seuls : il nous a laissé l’Esprit» qui «nous fait comprendre le message de Jésus». Ainsi commence «un second chemin, celui du peuple de Dieu après Jésus», dans l’attente d’«une autre plénitude des temps, quand Jésus viendra pour la deuxième fois». C’est le chemin de l’Eglise qui «va de l’avant». Ce second chemin sert «pour comprendre, pour approfondir la personne de Jésus, pour approfondir la foi». Il sert aussi à «comprendre la morale, les commandements». En effet, «une chose qui autrefois semblait normale, qui n’était pas un péché», aujourd’hui est considérée comme «un péché mortel»: en réalité, «c’était un péché, mais le moment historique ne permettait pas de le percevoir comme tel». Par exemple l’esclavage: «Quand nous allions à l’école, on nous racontait ce que l’on faisait aux esclaves, on les emmenait dans un endroit, on les vendait, en Amérique latine on les vendait, on les achetait». Aujourd’hui cela est considéré comme un péché mortel, autrefois non: «certains disaient même que l’on pouvait faire cela, parce que ces personnes n’avaient pas d’âme!». De toute évidence, «il fallait aller de l’avant pour mieux comprendre la foi, pour mieux comprendre la morale». Aujourd’hui, il ne manque pas d’esclaves: «Il y en plus, mais au moins nous savons que c’est un péché mortel». C’est la même chose pour la «peine de mort qui autrefois, était normale. Et aujourd’hui, nous disons que c’est inadmissible». Ou encore, les «guerres de religion»: aujourd’hui, «nous savons que ce n’est pas seulement un péché mortel, c’est un sacrilège, une idolâtrie». Ce chemin est constellé de nombreux saints qui aident à «éclaircir» la foi et la morale. Le Pape a souligné «une autre plénitude des temps, la troisième», c’est-à-dire «la nôtre»: «chacun de nous est en chemin vers la plénitude de son propre temps. Chacun de nous arrivera au moment du temps plein et la vie finira et il devra trouver le Seigneur. Et cela est notre moment, personnel». Tant de saints de l’Ancien Testament (comme David) et également après la venue de l’Esprit Saint (comme Saül) «ont demandé pardon», mais il faut comprendre que «demander pardon à Dieu n’est pas automatique». C’est comprendre que je suis en chemin, dans un peuple en chemin et qu’un jour, aujourd’hui, demain ou dans trente ans, je serai face à ce Seigneur qui ne nous laisse jamais seuls, qui nous accompagne sur le chemin». Ce chemin «est la grande œuvre de miséricorde de Dieu».