Quand l’histoire réapparaît dans un dépôt

2012-06-29 L’Osservatore Romano

Dans le cadre des conférences scientifiques des Musées du Vatican, la conservatrice du département d’art byzantin et médiéval et du laboratoire de restauration des tapisseries et des tissus des Musées du Vatican a présenté – lors d’une rencontre introduite par le directeur des Musées, M. Antonio Paolucci – les premiers résultats des recherches et l’état de la restauration des fragments de la frise du portique médiéval de la basilique Saint-Jean-de-Latran, retrouvés dans une réserve des Musées du Vatican. La  chercheuse a synthétisé  son intervention pour « L’Osservatore Romano » :

 « Les dépôts sont la partie dans l’ombre du Musée, mais aussi essentielle à la vie des collections que la partie exposée. Le dépôt est le lieu de la recherche scientifique. Combien de découvertes ont été faites et continuent à être faites en fréquentant et en étudiant la partie dans l’ombre du Musée ! ».Giotto, "Le rêve d'Innocent III" (détail, 1295-1299)

Les paroles d’Antonio Paolucci expliquent bien le parcours qui a conduit à la découverte des fragments, qui a eu lieu dans le dépôt  sous la Cour octagonale des Musées du Vatican, à leur étude et à leur restauration et, bien qu’elles ne soient pas encore terminées, à la présentation de l’état des travaux le 26 juin dernier. Nous pouvons comparer les réserves aux caves et aux greniers de nos maisons où, bien qu’extrêmement bien rangés, il est facile de retrouver des objets qui peuvent révéler des traces inconnues ou oubliées d’un passé à propos duquel, en les touchant et en les regardant avec des yeux différents, naît la curiosité d’approfondir. Et c’est pour cette raison que les campagnes de classification  des dépôts peuvent conduire à des découvertes exceptionnelles : comme cela s’est produit pour les fragments en marbre qui nous sont parvenus de la frise du portique médiéval de la basilique Saint-Jean-de-Latran.

Retrouvés à une époque passé en démontant un sol pavé, comme on peut le déduire de la forme et du ponçage de l’arrière des fragments, ils furent déposés dans la réserve de Saint-Jean-de-Latran, probablement parce qu’ils présentaient sur la face cachée un décor et des restes d’inscription en latin. Ces éléments suffirent à les sauver d’une nouvelle utilisation, mais ils ne furent pas suffisants pour donner aux chercheurs l’envie d’enquêter sur leur histoire. 

Anna Maria De Strobel