Ne pas limiter « les libertés fondamentales » : dernier appel de Benoît XVI en quittant Cuba

2012-03-29 Radio Vatican

Le 23ème voyage apostolique du Pape au Mexique et à Cuba s’est achevé ce mercredi soir sur l’île cubaine. L’avion papal a quitté la Havane à 17heures sur place et devrait atterrir ce jeudi matin, aux alentours de 10h15 à l’aéroport de Ciampino à Rome. La dernière journée de son déplacement à Cuba fut de celles qui font date. Benoît XVI a présidé une grande messe au cœur de La Havane en présence de 300 000 personnes. Dans son homélie, le Pape a demandé aux autorités cubaines d'accorder à la population le plein exercice des "libertés fondamentales", dont la liberté religieuse, condamnant aussi l'embargo américain contre Cuba. Benoît a ensuite rencontrer, avant son départ, le père de la Révolution cubaine, l'ex-président cubain Fidel Castro. Le récit de notre envoyé spécial à Cuba, Bernard Decottignies

Après deux jours passés à Cuba, Benoît XVI a pris congés de ses hôtes ce mercredi après-midi, heure locale. Son avion a décollé de l’aéroport international José Martí de La Havane à destination de Rome. Juste avant de monter dans l’avion, le Pape a adressé ses dernières paroles aux Cubains et à leur président Raul Castro. Il a ainsi eu une dernière occasion de délivrer un message fort à la population cubaine. Xavier Sartre

Jusqu’au bout Benoît XVI n’aura eu de cesse d’appeler au changement à Cuba. L’Eglise cubaine doit y prendre sa part ainsi que tous les fidèles. Le Pape a ainsi voulu « fortifier l’enthousiasme et la sollicitude des évêques cubains ». Il a aussi souhaité que « personne ne soit empêché de participer à cette tâche passionnante par une limitation de ses libertés fondamentales, ni ne se sente exempté de cette tâche par néglicence ou par privation de ressources matérielles. »
Cette « situation se voit aggravée selon le Pape, quand des mesures économiques restrictives, imposées de l’extérieur du pays, pèsent négativement sur la population. » Une allusion claire à l’embargo que les Etats-Unis imposent à l’île depuis plus de cinquante ans.

Bien sûr, pour « édifier une société renouvelée et réconciliée aux amples horizons », le Pape incite sans le dire ouvertement le gouvernement cubain à favoriser le dialogue. « Les éventuels désaccords et les problèmes doivent se résoudre dans la recherche infatigable de ce qui unit tout le monde, dans un dialogue patient et sincère, dans la compréhension réciproque et dans une loyale volonté d’écoute, qui accepte des objectifs porteurs de nouvelles espérances. »

C’est en somme un message d’espoir que Benoît XVI est venu porter aux Cubains, convaincu que « là où arrive [Jésus-Christ] le découragement cède le pas à l’espérance, la bonté chasse les incertitudes et une force vigoureuse ouvre l’horizon à des perspectives inhabituelles et bénéfiques. » Un message d’espoir mais bien conscient des difficultés qui caractérisent Cuba.