Mexique : François vient en pèlerin pour servir la foi et les Mexicains

2016-02-03 Radio Vatican

(RV) « Je viens au Mexique comme un pèlerin » : le Pape François a répondu aux questions posées par des Mexicains et recueillies par l’agence de presse nationale Notimex à quelques jours de son départ pour le Mexique, le 12 février 2016. Dans cette interview vidéo à distance, le Pape revient sur les motivations de son voyage, sur la figure de Notre Dame de Guadalupe, sur les problèmes sociaux et sécuritaires du pays et sur l’expression de la foi.

« Je vais chercher chez le peuple mexicain, qu’il me donne quelque chose. Je ne viens pas pour tendre la main, soyez tranquilles, je viens chercher la richesse de foi que vous avez, je viens pour être contaminé par cette richesse de foi ». Le Pape François rend ainsi hommage à la foi fervente des Mexicains qui ont une « idiosyncrasie, une manière d’être qui est le fruit d’un chemin très long, d’une histoire qui s’est forgée lentement, avec douleurs, avec succès, avec des échecs, avec des recherches, mais il y a comme un fil conducteur. Vous possédez beaucoup de richesse dans votre cœur, et surtout, vous n’êtes pas un peuple orphelin parce que vous vous enorgueillissez d’avoir une Mère, et quand un homme, ou une femme, ou un peuple n’oublie pas sa Mère, cela te donne une richesse que vous ne pouvez pas décrire, vous la recevez, vous la transmettez ».

Vierge de Guadalupe

En parlant avec des fidèles mexicains, il est impossible de ne pas parler de la Vierge de Guadalupe, sainte patronne du Mexique. Le Pape a confié s’être déjà rendu deux fois à Mexico et avoir visité le sanctuaire de Guadalupe. A chaque fois, il a ressenti la présence protectrice et tendre de la Vierge. « Combien de fois ai-je peur d’un problème ou que quelque chose de grave se soit passé et que personne ne sache réagir. Et bien je la prie et j’aime me répéter : “n’aies pas peur, je ne suis pas là peut-être moi qui suis ta Mère ?” ».

Le Pape va plus loin, expliquant que cette Mère « prend soin », « protège », « pousse vers l’avant un peuple, une famille », « donne de la chaleur au foyer », « caresse avec tendresse et t’enlève la peur ». Intimement lié à la Vierge de Guadalupe, saint Juan Diego, celui qui rapporta l’image de la Vierge. Pour le Pape, il s'agit d’un « homme bon, mais qui a dû tout mettre en œuvre pour convaincre l’évêque et sentir l’humiliation de ne pas être cru ». La Vierge, « la grande fleur du Mexique », lui a donné la force de persévérer. François demande ainsi aux Mexicains une faveur : de le laisser « un petit moment devant l’image ».

Violences, corruption et trafics

Les Mexicains attendent que le Pape ait des paroles concernant la situation sociale et sécuritaire de leur pays. François en a conscience. « Je viens pour prier avec vous pour que les problèmes de violence, de corruption et tout ce qui arrive et dont vous êtes conscients trouvent une solution, parce que le Mexique de la violence, de la corruption, des trafics de drogue, des cartels n’est pas le Mexique que veut notre Mère. C’est pour cela que je ne veux pas cacher tout cela, mais au contraire vous exhorter à lutter tous les jours contre la corruption, le trafic, la guerre, la désunion, le crime organisé et la traite des personnes ».

Dans ce contexte troublé, les Mexicains demandent au Pape de leur apporter la paix. A cela, François répond que la « paix est quelque chose à laquelle il faut travailler tous les jours. Il faut combattre tous les jours pour la paix, pas pour la guerre » s’exclame-t-il. Et de développer : « la paix nait de la tendresse, de la compréhension, elle nait ou se fait dans le dialogue, pas dans la rupture ». Cette paix, elle se gagne au niveau personnel. Le Pape demande ainsi aux Mexicains de ne pas se laisser faire, de ne pas tomber dans des combines pour gagner de l’argent car cela rend esclave d’une guerre intérieure et enlève la paix, parce que la paix donne la liberté.

Lutter contre la crise de la foi

Le Mexique, comme de nombreux pays, fait face à une crise de la foi. Le Pape ne s’en cache pas. « Il y a une crise de la foi dans le monde », « mais c’est vrai aussi qu’il y a une grande bénédiction et un désir que la foi se tourne vers l’extérieur, qu’elle se fasse missionnaire, qu’elle ne soit pas mise en bouteille comme dans une boite de conserve ». Le Pape se rend donc aussi au Mexique « pour servir, pour être un serviteur de la foi » du peuple.

Reprenant un de ses thèmes favoris, il réitère son souhait de voir donc la foi sortir dans la rue, ce qui veut dire que, « dans mon lieu de travail, au sein de la famille », à l’université, au collège, « je me montre en tant que chrétien ». « La foi, précise François, doit me pousser à m’engager envers mon peuple, et cela comporte des risques, des dangers ». Autant de messages que le Pape aura l’occasion de répéter et de développer lors de son voyage au Mexique. (XS)

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)