Messe à Sainte-Marthe- Des outres neuves

2016-01-18 L’Osservatore Romano

Le chrétien qui se dissimule derrière l'idée que « l'on a toujours fait ainsi... » commet un péché, en devenant idolâtre et rebelle et en vivant une « vie rapiécé, à moitié », car il ferme son cœur aux « nouveautés de l'Esprit Saint ». C'est une invitation à se libérer des « habitudes », pour laisser place aux « surprises de Dieu », que le Pape François a lancée durant la Messe célébrée dans la matinée du 18 janvier dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

Dans la première lecture, extraite du premier livre de Samuel (15, 16-23), « nous avons écouté – a fait remarquer le Pape – que le roi Saul est rejeté par Dieu car il n'obéit pas: le Seigneur lui a dit qu'il aurait remporté la bataille, la guerre, mais que tout aurait dû être voué à l'extermination ». Et Saul « n'a pas obéi ».

Samuel dit à Saul: « Yahvé se plaît-il aux holocaustes et aux sacrifices comme dans l'obéissance à la parole de Yahvé? ». Par conséquent, a affirmé le Pape, « l'obéissance va plus loin » et dépasse aussi les paroles de justification de Saul: « J'ai écouté le peuple et le peuple m'a dit: l'on a toujours fait de la sorte! Les choses qui ont le plus de valeur iront au service du Seigneur, aussi bien au temple que pour les sacrifices. L'on a toujours fait ainsi! ». Saul a « eu peur » et pour cette raison, « il a laissé la vie se poursuivre contre la volonté du Seigneur ».

La même attitude – a poursuivi le Pape en se référant au passage liturgique de Marc (2, 18-22) – nous est « enseignée par Jésus dans l'Evangile, quand les docteurs de la loi lui reprochent le fait que les disciples ne jeûnent pas: "Mais cela s'est toujours passé ainsi, pourquoi les tiens ne jeûnent-ils pas?" Et Jésus répond par ce principe de vie: "Personne ne coud une pièce de drap non foulé à un vieux vêtement ; autrement, la pièce neuve tire sur le vieux vêtement et la déchirure s'aggrave. Personne non plus ne met du vin nouveau dans des outres vieilles ; autrement, le vin fera éclater les outres, et le vin est perdu aussi bien que les outres. Mais du vin nouveau dans des outres neuves!" ».

En substance, a affirmé François, « la loi est au service de l'homme, qui est au service de Dieu et c'est pourquoi l'homme doit avoir le cœur ouvert ». Le comportement de celui qui dit: « L'on a toujours fait ainsi... » naît d'un « cœur fermé ». Au contraire, « Jésus nous a dit: "Je vous enverrai l'Esprit Saint et il vous conduira jusqu'à la pleine vérité" ». Ainsi, « si tu as le cœur fermé à la nouveauté de l'Esprit, tu n'arriveras jamais à la pleine vérité ». Et « ta vie chrétienne sera une vie à moitié, une vie rapiécée, raccommodée par de nouvelles choses, mais sur une structure qui n'est pas ouverte à la voix du Seigneur: un cœur fermé, car tu n'es pas capable de changer les outres ».

Mais « pourquoi cela arrive-t-il? Pourquoi est-ce si grave, pourquoi le Seigneur rejette Saul et choisit ensuite un autre roi? ». La réponse est donnée par Samuel lorsqu'il « explique ce qu'est un cœur fermé. Celui qui a un tel cœur, affirme Samuel, « est un pécheur ». Par conséquent, a affirmé François, « les chrétiens obstinés dans le "on a toujours fait ainsi, tel est le chemin, telle est la voie", pèchent: ils pèchent par divination ». Et cela « est aussi un péché d'idolâtrie: l'obstination. Le chrétien qui s'obstine pèche. Il pèche par idolâtrie ».

Face à cette vérité, la question à se poser est la suivante: « Quelle est la route à suivre? ». François a suggéré d'« ouvrir son cœur à l'Esprit Saint, de discerner quelle est la volonté de Dieu ». « Il était habituel, à l'époque de Jésus, que les bons israéliens jeûnent ». Cependant, a-t-il expliqué, « il existe une autre réalité: il existe l'Esprit Saint qui nous conduit à la pleine vérité ». « Les habitudes doivent aussi se renouveler face à la nouveauté de l'Esprit, aux surprises de Dieu ».