L'Holodomor, un traumatisme toujours vif pour les Ukrainiens

2017-11-27 Radio Vatican

(RV) Lors de l’Angélus de ce dimanche 26 novembre 2017, le Pape François a exprimé un salut particulier pour les membres de la communauté ukrainienne, qui commémorait ce week-end «la tragédie de l’Holodomor, la mort par famine provoquée par le régime stalinien, avec des millions de victimes», selon ses propres mots.

Une fois de plus, faisant allusion à la guerre dans l'est du pays, le Pape a offert ses prières pour l’Ukraine : «Je prie pour l’Ukraine, pour que le pouvoir de la foi puisse contribuer à guérir les blessures du passé et à promouvoir des chemins de paix».

L’Holodomor, un terme qui signifie en ukrainien «extermination par la faim», est un évènement peu connu en Occident, mais demeure un immense traumatisme pour la population ukrainienne contemporaine.

Selon des estimations divergentes, on estime qu’entre 2,6 et 5 millions de personnes auraient péri entre 1932 et 1933 en raison de la famine provoquée par le régime soviétique. Certains avancent même des chiffres supérieurs, en incluant notamment les exécutions liées aux peines de morts prononcées dans le cadre du processus de «dékoulakisation», c’est-à-dire contre les propriétaires terriens, appelés les «koulaks». Cette répression massive avait été orchestrée par Staline dans le cadre d'une politique industrialiste, qui contraignait les paysans à une augmentation irréaliste des rendements, afin de financer l'importation de machines par l'exportation de céréales.

Les phénomènes de mortalité massive avaient été observés dans d’autres régions de l’URSS, mais les taux particulièrement de mortalité particulièrement élevés observés en Ukraine (jusqu’à + 600% de mortalité dans les zones rurales en juin 1933 par rapport à juin 1932) apparentent selon certains historiens ce phénomène à un génocide. À ce jour, une vingtaine de pays, parmi lesquels les États-Unis, reconnaissent officiellement la qualification de génocide pour l’Holodomor. La Russie, elle, refuse d’assimiler l’Holodomor à un génocide, mais relativise cet évènement en l'intégrant aux troubles et aux pénuries qui avaient secoué l’URSS au début des années 1930.

Cette divergence mémorielle reste une pierre d’achoppement et une blessure profonde dans la relation entre l’Ukraine et la Russie, alors que le conflit entre l’armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes continue à s’enliser depuis l’hiver 2013-2014. Malgré une baisse d’intensité des combats depuis l’accord de Minsk du 14 février 2015, la guerre du Donbass a fait plus de 10 000 morts.

(CV)

 

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)