Les évêques suisses contre la folle logique des marchés financiers

2012-08-01 L’Osservatore Romano

Berne, 31 juillet. Dans l'esprit de millions d'européens, se bousculent ces derniers temps les pensées et les préoccupations au sujet de la difficile situation économique et financière: la faute en revient avant tout à la spéculation, qui fait du profit à tout prix la boussole qui guide des actions ayant de lourdes répercussions sur les familles et sur les couches sociales les plus faibles. Tel est le cadre qui sert de toile de fond à un message –  signé par l'évêque de Sankt Gallen, Markus Büchel, sur mandat de la Conférence épiscopale – que les évêques suisses ont publié en vue de la Fête nationale qui est célébrée le 1er août. Un moment qui veut être surtout de réflexion et de propositions, en vue d'encourager la communauté à poursuivre l'indication simple mais fondamentale selon laquelle « c'est l'argent qui est au service de l'homme et non pas l'homme qui est esclave de l'argent ». L'argent, écrivent en particulier les prélats, « n'est pas fait pour se multiplier. Il n'est pas une fin en soi ». Si – observe-t-on – « le monde financier vit pour lui-même, il perd sa raison d'être. Celui qui investit et gagne de l'argent, en ne tenant pas compte du malheur de son prochain, agit de façon résolument irresponsable ».

Les conséquences négatives retombent toutes sur les plus faibles. En illustrant à « L'Osservatore Romano » les motivations qui ont conduit à la réflexion, le secrétaire de la commission de l'épiscopat pour la communication et les médias, Simon Spengler, a fait référence précisément à la préoccupation pour la situation de pauvreté croissante et de marginalisation de larges couches de la population mondiale. « De nombreuses personnes en Suisse et dans le monde entier – affirme-t-il – sont préoccupées par toutes les informations quotidiennes qui leur parviennent sur la crise financière, la crise des banques et le manque d'argent. Ces personnes craignent que cette crise ne devienne ingérable, avec des conséquences lourdes pour tous ». Les personnes – ajoute-t-il – « ont l'impression que le marché financier international est incontrôlable, que les choses ne font que s'aggraver, et que les conséquences sont encore pires pour les pauvres, les travailleurs, les personnes âgées, les chômeurs, les réfugiés et ceux qui vivent dans les pays les plus  pauvres ». Dans ce contexte – explique-t-il – « les évêques suisses ont voulu rappeler à tous les chrétiens les principes qui doivent être à la base de notre relation avec l'argent et la responsabilité qui en revient aux gouvernants, aux hommes politiques et aux banquiers ».