L'Église de Colombie attend le Pape avec espérance

2017-08-08 Radio Vatican

(RV) "Messager, plein de joie, envoyé par le Seigneur. Viens comme une pluie dans le désert, en donnant l’espérance à notre peuple". C’est avec ces paroles que commence l’hymne officiel du voyage apostolique du Pape François en Colombie, du 6 au 10 septembre prochains, avec retour à Rome le 11 septembre. La devise choisie pour la visite et pour l’hymne, "Faisons le premier pas", donne un encouragement au processus de réconciliation en cours dans un pays secoué par plus de 50 ans de guerre civile entre le gouvernement de Bogotà et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (Farc).

«Le Pape vient à la fin de tout un processus et d’un chemin de la Colombie», affirme le père Francesco Bortignon, curé à Cùcuta, au nord du pays, à la frontière du Venezuela. Missionnaire en Colombie depuis 21 ans, le père Bortignon est directeur du Centre pour les migrations et l’accueil de Cùcuta, la "Casa de paso". Interrogé par nos collègues du service italien de Radio Vatican, ce missionnaire scalabrinien originaire de Vénétie, travaille notamment au service des Vénézuéliens fuyant le chaos dans leur pays.

Le père Bortignon regarde avec espérance le moment crucial que traverse la Colombie, engagée dans un processus de paix complexe, après plus de 50 ans de guerre civile. «Finalement, l’accord de paix a été signé avec la guérilla, avec le groupe des Farc. Il reste le groupe de l’ELN, Ejército de Liberación Nacional, avec lequel il y a un dialogue en cours, précise-t-il. Le processus est un peu lent, mais on espère que comme pour les rencontres initiales qui ont duré deux ans, on réussira aussi à signer cette paix.» C’est seulement comme cela, explique-t-il, que le pays pourra arriver à «un état de sérénité, d’absence de guérilla». Cela serait synonyme de sécurité, mais aussi de croissance économique et de développement.

L’Église catholique en Colombie a toujours travaillé pour atteindre la paix : «Elle est en train de se mobiliser fortement, avec une sensibilité sociale, et en accompagnant ce processus de paix», explique le père Francesco. L’Église, dans de très nombreux diocèses, «spécialement les plus blessés par la guérilla», développe des «initiatives de caractère social, d’organisation et de préparation des leaders», avec des «activités entrepreneuriales», de façon à préparer «la mentalité, la conscience pour un type de vie démocratique, associative, productive».

Le message de la visite du Pape sera un message d’espérance et de chemin, avec un témoignage chrétien authentique dans cette recherche de la paix vécue concrètement et avec le sens des responsabilités. Un exemple toujours plus nécessaire, explique le père Bortignon, dans un contexte marqué aussi par l’émergence de nombreuses sectes jouant sur la sorcellerie et la magie, qui manipulent la population.  

(CV- Section italienne de Radio Vatican)

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)