L’Église colombienne s’interroge après le massacre des cultivateurs de coca à Tumaco

2017-10-11 Radio Vatican

(RV) En Colombie, le massacre de Tumaco a fait réagir l’Église colombienne. En effet, le 5 octobre 2017, au moins six cultivateurs de coca ont été tués par balle et 21 autres blessés alors qu’ils manifestaient contre une opération d’éradication menée par les forces armées colombiennes. Cette province de Narino, dans le sud-ouest du pays, représente la plus importante production de plants de coca de toute la Colombie.

Les meurtres de ces agriculteurs ont provoqué une polémique autour de l’application de l’accord de paix avec l’ancienne guérilla des Farc et du cessez-le-feu signé par le gouvernement avec les combattants de l’ELN. La question agraire apparaît alors essentielle dans la réussite du processus de paix en cours. Le président Juan Manuel Santos a ordonné l'ouverture d'une enquête et une centaine de policiers ont déjà été transféré sur ordre du gouvernement colombien.

Clarifier les politiques de substitution de la coca

D’après l’agence Sir, le diocèse de Tumaco a ainsi réagi à travers son vicaire général. Le père Arnulfo Mina a appelé l’Etat à «définir clairement des politiques pour établir combien d'hectares de cultures [de coca] seront remplacées et combien seront éradiquées». La paix dépend de ces politiques claires, estime-t-il, car c’est le moyen de rendre les «agriculteurs responsables de la substitution de leurs cultures par des cultures légales». Alors, l’État se devra de «garantir que les produits cultivés seront commercialisés». Ce dont a besoin Tumaco, a enfin affirmé le représentant du diocèse, c’est «l’investissement social, les infrastructures, des routes en bon état et non pas des pouvoirs publics».

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)