Le Pape invite les Européens à redécouvrir leur patrimoine spirituel

2017-07-11 Radio Vatican

(RV) Entretien - «L’Europe a un patrimoine idéal et spirituel unique au monde qui mérite d’être reproposé avec passion et une fraîcheur renouvelée.» C’est le tweet publié par le Pape ce mardi 11 juillet 2017 sur son compte @Pontifex, au jour de la saint Benoît, patron de l’Europe.

Alessandro Gisotti, du service italien de Radio Vatican, a interrogé à cette occasion le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président du  CCEE, le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe.

Voici une traduction de ses propos :

«Les paroles du Saint-Père sont d’une très grande importance, spécialement en ce moment, étant donné que les difficultés dans lesquelles se débat l’Union européenne sont sous les yeux de tous.  Donc ces paroles arrivent comme un grand rappel, un très grand encouragement pour le chemin européen. Elles devraient arriver, et c’est ce que nous espérons tous, à l’esprit, au cœur, des principaux responsables, afin qu’ils se rendent compte eux-mêmes du grand patrimoine qu’est le continent européen dans son ensemble, et donc l’union, le chemin de l’Union européenne. Parfois on a l’impression que cette conscience du cœur comme elle l’était dans le cœur des pères fondateurs. Sans cette conscience, sans cette conviction, tout devient beaucoup plus difficile.

Le Pape parle de re-proposer le patrimoine de l’Europe «avec une fraîcheur renouvelée». Aujourd’hui l’Europe semble un peu fatiguée et repliée, peut-être, justement, peu consciente de son unicité…

Bien sûr. Quand on perd l’identité originelle, ensuite on ne sait plus qui nous sommes. Alors il y a moins d’enthousiasme, parce qu’arrive la perte du «où allons-nous, qui sommes-nous, que devons-nous faire»… C’est la nature des choses : cela veut pour l’Europe dans son ensemble, pour un État, cela vaut pour n’importe quelle personne. Donc le discours de nos origines chrétiennes n’est pas fondamentalement un discours académique, ou pire, une idée de clocher. Il s’agit justement de la question de ce que nous sommes, de ce que l’Europe est dans son origine, dans sa vocation, et dans sa mission, et que le Pape reconfirme comme universelle. Ceci est très important.

Parmi les vocations de l’Europe il y a certainement celle de l’accueil, un moment aussi où cette dimension spécifique de l’Europe se trouve en difficulté, si nous pensons au débat sur les migrants…

Oui parce que quand arrive la peur, qui naît d’un désarroi des idéaux et de l’identité, la peur suggère de faire des tranchées, de se renfermer, de se faire un périmètre au lieu de se mettre en dialogue, parce que pour se mettre en dialogue il faut vraiment avoir quelque chose à dire sans brasser de l’air ou dire des lieux communs, des phrases toutes faites, avec plus ou moins d’effet, mais qui ne disent rien en substance. Il faut savoir qui l’on est. Donc le discours sur l’identité n’est pas le contraire du dialogue, mais il en est la condition préalable.

(CV-Service italien de Radio Vatican)

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)