Le Pape François lave les pieds de onze réfugiés hommes et femmes

2016-03-24 Radio Vatican

(RV) Ce jeudi 24 mars 2016, le Pape François a choisi de célébrer la messe de la Cène du Seigneur dans une structure hébergeant environ 900 jeunes réfugiés au nord de Rome, à Castelnuovo di Porto. Le pontife a lavé les pieds de douze jeunes demandeurs d’asile : quatre Nigérians catholiques, trois femmes érythréennes de confession copte, trois musulmans de différentes nationalités, un Indien de religion hindoue, et une assistante italienne.

Pour échanger avec les jeunes migrants de ce centre, le Pape François était secondé par trois interprètes : un Afghan, un Malien et un Érythréen. Les plus nombreux dans ce centre arrivent d’Erythrée, parmi lesquels 32 mineurs, suivis du Mali et du Nigéria. Dans la matinée, le Souverain Pontife avait fait parvenir aux jeunes demandeurs d’asile des œufs en chocolat, des ballons et un échiquier. Le foyer est dirigé par un Palestinien musulman.

Blandine Hugonnet

Le Pape est arrivé dans ce centre de réfugiés vers 17h jeudi 24 mars. Ces longs bâtiments blancs qui abritent près de 900 migrants, composent l’un des plus grands centres en Italie. Le Saint-Père a été accueilli par des banderoles de « bienvenue » en différentes langues et des drapeaux dessinés des 25 nationalités présentes ici, portés par une foule de demandeurs d’asile en majorité africains et musulmans, installés dehors, prêts à faire la rencontre de ce Pape des périphéries.

François a choisi ce lieu pour célébrer la Cène du Seigneur, le dernier repas de Jésus avec ses disciples. « Il y a deux gestes », a dit le Pape devant eux sous un soleil couchant, «  celui de Jésus qui sert et qui lave les pieds de ses disciples, lui qui est le Maitre et se fait le plus petit » et celui, opposé, de « Judas qui trahit Jésus pour de l’argent ».

Comme ces deux gestes lors de la Cène, « aujourd’hui aussi il y a deux gestes », explique le Saint Père. « Ce soir nous sommes tous réunis, ensemble, musulmans, hindous, catholiques, coptes, évangéliques, tous différents mais tous frères, tous enfants du même Dieu, qui veulent vivre en paix ; et il y a trois jours, un autre geste de destruction dans une ville d’Europe » poursuit le Pape, faisant référence aux attentats meurtriers de Bruxelles. « Comme judas, ceux-là veulent la guerre et le sang, ils ne veulent pas la paix et la fraternité. »

Après l’homélie, accompagné par des chants, le Pape s’est penché devant chacune des douze personnes, émues, assises devant lui. Tour à tour, il a lavé puis embrassé les pieds de onze réfugiés et une employée du centre d’accueil. « Un geste de fraternité » a dit le Pape, « que nous devons tous faire, car nous voulons tous vivre en paix. »

Le Saint-Père s’est aussi abaissé devant quatre femmes. Une nouveauté rendue possible par un décret publié au mois de janvier par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Le Pape François a fait ainsi modifier le Missel romain pour ouvrir aux femmes la possibilité de participer au lavement des pieds, lors de la messe du Jeudi saint. Car, comme le décret l’explique, le Christ est venu donner sa vie pour sauver l’ensemble du genre humain. (XS-BH-RF)

Pour revoir les images de cette célébration du Jeudi Saint, cliquer sur la vidéo ci-dessous :

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)