Le Pape Benoît n'est pas seul

2012-04-18 L’Osservatore Romano

La huitième année de pontificat de Benoît XVI, élu le 19 avril 2005, à l’âge de 78 ans, en moins d’un jour au cours du conclave le plus nombreux jamais réuni dans l’histoire, commence. Une date célébrée avec joie et précédée par celle, traditionnellement privée, de son 85e anniversaire, qui cependant ne se présentait plus dans la succession des Papes depuis 1895 et qui a donc été fêtée avec plus de chaleur que d’habitude.

Pour ces fêtes d’avril se multiplient donc les réjouissances et les vœux, parvenus du monde entier pour exprimer une affection et une estime générales, qui n’étaient pas prévisibles dans cette mesure au moment de son élection.  En effet, il ne faut pas oublier  l’accumulation de préjugés, si ce n’est d’oppositions, avec laquelle le choix très rapide du collège des cardinaux a été accueilli dans différents milieux, même catholiques. Des préjugés et des oppositions qui, à l’égard du cardinal Ratzinger, remontaient au moins à la moitié des années quatre-vingt, et qui ne correspondent aucunement à sa véritable personnalité.

Le successeur de Jean-Paul II — qui avait pourtant été son collaborateur le plus éminent, presque immédiatement appelé à Rome par le Pape polonais, lui aussi longtemps victime contestée — fut mis en opposition avec ce dernier selon des stéréotypes usés. Un pontificat qui s’est ouvert de façon difficile et que le Pape a su affronter jour après jour avec une sérénité lucide et patiente, déjà démontrée le 24 avril lorsqu’il demanda les prières des fidèles pour ne pas fuir «par peur devant les loups».

Cette homélie était la première d’une série désormais longue, qui par sa clarté et sa profondeur ne fera pas mauvaise figure aux côtés des prédications de Léon le Grand, les premières que l’on conserve d’un évêque de Rome, caractérisées par un équilibre exemplaire entre l’héritage classique et la nouveauté chrétienne, de manière analogue à l’intention du Pape Benoît d’agir en harmonie  entre raison et foi. Pour s’adresser et parler à tous, comme l’a suggéré, lors de la rencontre d’Assise, l’invitation adressée — pour la première fois, un quart de siècle après celle voulue par Jean-Paul ii parmi les  croyants — également aux non-croyants, pour annoncer l’Evangile au monde d’aujourd’hui.

Il en a été de même pour l’homélie de la célébration de son anniversaire — qui coïncide avec celle de son baptême, le Samedi Saint de 1927 — quand Benoît XVI a parlé des saints rappelés dans le calendrier liturgique, Bernadette Soubirous et Benoît Joseph Labre, de Marie, la mère de Dieu, et de l’eau pure de la vérité dont le monde est assoiffé, souvent sans le savoir. Des amis invisibles mais pas pour autant moins réels, dont le Pape ressent la proximité dans la communion des saints. De même qu’il ressent l’amitié des nombreuses personnes qui prient pour lui chaque jour, ou qui le regardent seulement avec sympathie, en écoutant ses paroles avec attention.

g.m.v.