​Le Pape à l'Académie pontificale pour la Vie - Valeur à protéger

2016-03-03 L’Osservatore Romano

« La culture contemporaine conserve encore les principes pour affirmer que l’homme », indépendamment de « ses conditions de vie, est une valeur à protéger ; toutefois, celle-ci est souvent victime d’incertitudes morales, qui ne lui permettent pas de défendre la vie de manière efficace » : C'est ce qu'a répété le Pape François aux participants à l'Assemblée générale de l'Académie pontificale pour la vie, reçus dans la matinée du jeudi 3 mars. Le Souverain Pontife a approfondi le thème qui est au centre de la rencontre annuelle de l'institution fondée en 1994 – « les vertus dans l'éthique de la vie » – et a rappelé que « le bien que l'homme accomplit n'est pas le résultat de calculs ou de stratégies », mais « le fruit d’un cœur bien disposé, du libre choix qui tend vers le vrai bien ». La science et la technique, a ajouté le Souverain Pontife, ne suffisent pas : « pour accomplir le bien, la sagesse du cœur est nécessaire ».

De fait, aujourd'hui, de nombreuses institutions sont engagées dans le service à la vie mais, a souligné le Pape, beaucoup de structures sont « davantage préoccupées par l'intérêt économique que par le bien commun ». En effet, « parler de vertu signifie affirmer que le choix du bien implique et engage toute la personne ; ce n'est pas une question "esthétique", un embellissement extérieur ». Et les normes qui prévoient le respect des personnes, « bien que nécessaires », « ne suffisent pas à elles seules à réaliser pleinement le bien de l'homme » car « les vertus de celui qui œuvre dans la promotion de la vie sont la dernière garantie que le bien sera réellement respecté ». L'« intérêt réel » pour les personnes ne doit par conséquent jamais manquer, notamment envers les plus fragiles.

Ainsi, s'il est vrai qu' « aujourd'hui, les connaissances scientifiques et les instruments techniques en mesure d'offrir un soutien à la vie humaine dans les situations dans lesquelles elle se montre faible ne manquent pas », il faut néanmoins – a recommandé François – que « les médecins et les agents de santé n'oublient jamais de conjuguer science, technique et humanité » : celui qui se consacre à la défense et à la promotion de la vie doit être capable d'en montrer la beauté et d’œuvrer avec « une authentique compassion ». Il est donc du devoir des universités de travailler afin que les étudiants « puissent développer ces dispositions du cœur et de l'esprit qui sont indispensables pour accueillir et soigner la vie humaine ». Le Souverain Pontife a ensuite mis en garde contre les « nouvelles colonisations idéologiques » qui, « sous forme de vertu, de modernité, de comportements nouveaux », s'insinuent dans la pensée humaine » et « chrétienne également », en ôtant la liberté car « ils ont peur de la réalité telle que Dieu l'a créée ».

Discours du Pape