Le Dieu des surprises (8 mai 2017)

PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Le Dieu des surprises

Lundi 8 mai 2017

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 022 du 01 juin 2017)

Pierre a eu le courage de se laisser surprendre par les nouveautés de l’Esprit Saint pour briser les rigidités du «on a toujours fait comme cela», sans craindre de susciter le «scandale» ou de manquer à sa mission de «pierre». Mais avec la liberté de «ne pas empêcher la grâce de Dieu» et de ne pas «faire taire le vacarme que fait l’Esprit quand il vient dans l’Eglise». En suggérant de demander au Père «la grâce du discernement», François a invité à ne pas commettre «le péché de résister à l’Esprit Saint». «En ces semaines, dans les Actes des apôtres (11, 1-8), on voit la communauté chrétienne en mouvement; et ce qui pousse la communauté est l’Esprit Saint». «L’Esprit est le don de Dieu, notre Père, qui nous surprend toujours: le Dieu des surprises». «Parce que c’est un Dieu vivant, qui habite en nous, qui meut notre cœur, qui est dans l’Eglise et qui marche avec nous; et sur ce chemin, il nous surprend toujours». C’est pourquoi, «de même qu’il a eu la créativité de créer le monde, ainsi, il a la créativité de créer des choses nouvelles tous les jours». Mais les apôtres qui étaient en Judée apprirent que les païens également avait accueilli la parole de Dieu». «Comment cela peut-il se faire? On voit que Pierre et les autres se sont trompés, ils sont allés trop loin!». Ainsi «a commencé la méfiance». Au point que «quand Pierre est monté à Jérusalem, les fidèles circoncis le réprimandaient en disant: “tu es entré dans une maison d’hommes non circoncis et tu as mangé avec eux!”». «Pierre raconte ce qui est arrivé et cette vision du ciel». Il parle de ces «hommes qui lui demandent d’aller dans la maison de ce païen». Et «quand il parlait avec eux, l’Esprit descendit, bouleversa tout et Pierre baptise: il comprend le signe de Dieu, il est capable de prendre une décision courageuse, d’accueillir la surprise de Dieu». «Si donc Dieu leur a donné le même don qu’il nous a donné à nous, pour avoir cru dans le Seigneur Jésus Christ, qui étais-je moi pour empêcher Dieu?». Cela «est précisément la parole de l’instrument apostolique, de l’apôtre qui se sent instrument de Dieu: mais qui suis-je pour arrêter la grâce de Dieu, pour faire taire le vacarme que fait l’Esprit, lorsqu’il vient dans l’Eglise?». Ainsi, «devant tant de surprises du Seigneur», le Pape a proposé «deux mots». «Depuis l’époque des prophètes, il existe le péché de résister à l’Esprit Saint». Et «cela est le péché que reproche Etienne aux membres du sanhédrin: la résistance à l’Esprit Saint», «la fermeture à la voix de Dieu». Celles-ci ont lieu aussi à travers «cette phrase qui se termine toujours par: “On a toujours fait comme cela”». Mais cette façon de faire «tue: elle tue la liberté, la joie, la fidélité à l’Esprit Saint qui agit toujours en menant l’Eglise de l’avant». Mais «comment puis-je savoir si une chose est de l’Esprit Saint ou est de la mondanité, de l’esprit du monde ou de l’esprit du diable?». L’unique façon est «demander la grâce du discernement». En effet, «l’instrument que l’Esprit même donne est le discernement: discerner, en tous cas, comment faire». Et «c’est ce qu’ont fait les apôtres: ils se sont réunis, ont parlé et ont vu que c’était la voie de l’Esprit Saint». «Ces païens étaient-ils des pécheurs et damnés et puis ils ont changé, la foi change?». Non, «la foi ne change jamais, la foi est la même, mais elle est en mouvement, elle croît, elle s’étend». A ce propos, «un moine du ve siècle, saint Vincenzo de Lerino, a dit: “Les vérités de l’Eglise vont de l’avant”, elles se consolident avec les années, elles se développent avec le temps, elles s’approfondissent avec l’âge». Ainsi le Pape a invité à demander «au Seigneur la grâce du discernement pour ne pas se tromper de chemin et ne pas tomber dans l’immobilité, dans la rigidité, dans la fermeture du cœur».