L’adieu d’un évêque (30 mai 2017)

PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

L’adieu d’un évêque

Mardi 30 mai 2017

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 024 du 15 juin 2017)

«Prions pour les pasteurs, pour nos pasteurs: pour les curés, pour les évêques, pour le Pape; afin que leur vie soit une vie sans compromis, une vie en chemin, et une vie où ils ne se croient pas au centre de l’histoire et apprennent ainsi à prendre congé». Telle est l’invocation élevée par François. En particulier, le Pape s’est arrêté sur la première lecture, tirée des Actes des apôtres (20, 17-27) qui «peut s’intituler “L’adieu d’un évêque”». Dans le récit, «Paul prend congé de l’Eglise d’Ephèse». «Nous tous pasteurs devons prendre congé. Il arrive un moment où le Seigneur nous dit: va ailleurs, va ici, va là, viens à moi. Et l’un des pas que doit faire un pasteur est aussi de se préparer à bien prendre congé, à ne pas partir à moitié». Notamment parce que si un pasteur n’apprend pas à prendre congé, c’est parce qu’il n’a pas un bon lien avec le troupeau, un lien qui n’est pas purifié pour la croix de Jésus». «Je vous demande à tous de lire aujourd’hui le chapitre 20 du verset 17 jusqu’à la fin. Chapitre 20. Ce conseil sacerdotal dans lequel Paul évêque prend congé». «Si nous lisons jusqu’à la fin», ce passage «seuls, nous pleurerons, comme ont pleuré les prêtres. La beauté de la vérité, de la vie». En lisant le passage, en effet, le Pape a identifié «trois attitudes» à souligner dans cet adieu de l’apôtre. On peut noter le premier quand les anciens de l’Eglise arrivèrent à ses côtés et Paul dit: «Vous savez vous-mêmes de quelle façon, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie, je n’ai cessé de me comporter avec vous, servant le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves». L’une des choses qui donnera beaucoup de paix au pasteur quand il prendra congé est de se rappeler qu’il n’a jamais été un pasteur de compromis. “Je ne me suis pas dérobé”, sans compromis». Et pour cela il faut du courage. Passant ensuite au second point, le Pape a averti que Paul, après avoir regardé le passé, pense désormais au présent: «Et maintenant voici qu’enchaîné par l’Esprit je me rends à Jérusalem, sans savoir ce qui m’y adviendra». L’apôtre dit: «J’obéis à l’Esprit». D’où le second point souligné par le Pape: «Le pasteur sait qu’il est en chemin». En effet, Paul «alors qu’il guidait l’Eglise était dans l’attitude de ne pas faire de compromis; à présent, l’Esprit lui demande de se mettre en chemin, sans savoir ce qu’il lui arrivera. Pour le Pape, c’est comme si Paul voulait dire: «Je ne pars pas à la retraite. Je vais ailleurs servir d’autres Eglises. Toujours le cœur ouvert à la voie de Dieu: je quitte cela, je verrai ce que le Seigneur me demande. Et ce pasteur sans compromis est à présent un pasteur en chemin. Parce qu’il ne s’est pas approprié du troupeau». Et c’est seulement en se demandant: «Pourquoi ne s’est-il pas approprié?» que ressort «le troisième trait». «Je n’attache aucun prix à ma propre vie», dit Paul, «je suis un serviteur». Et cela a renvoyé à l’esprit du célébrant «ce dicton populaire: comme on vit, on meurt; comme on vit, on prend congé». Ainsi, Paul «prend congé avec la liberté qu’il a eue ce jour où il a demandé: “Avez-vous reçu l’Esprit Saint?”. Puis la liberté sans compromis, en chemin, et “je ne suis pas le centre de l’histoire”: c’est ainsi que prend congé un pasteur. Le grand Paul nous enseigne».