La visite surprise du Pape François à Rieti et Greccio

2016-01-05 Radio Vatican

(RV) Le Pape François a effectué un déplacement surprise ce lundi 4 janvier 2016, alors qu'aucun engagement public n'était inscrit à l'agenda du Saint-Père. Le Pape, à bord de sa fameuse Ford Focus et sans escorte particulière, mis à part son chauffeur et deux gendarmes du Vatican, s’est rendu à Greccio, un village situé dans les Apennins à une centaine de kilomètres de Rome, dans la province de Rieti. Le Saint-Père s’est d’abord rendu en fin de matinée à Rieti où il a déjeuné avec l'évêque local, Mgr Domenico Pompili, et ils se sont ensuite rendus ensemble à Greccio en début d'après-midi. Il a salué, dans la chapelle du sanctuaire franciscain, un groupe de jeunes de 17 à 35 ans, présents à Greccio dans le cadre d'une rencontre de trois jours organisée par le diocèse de Rieti, avec comme fil rouge l'encyclique Laudato Si'. La surprise a été immense, puisque seuls l'évêque et le recteur du sanctuaire étaient au courant de la visite du Saint-Père.

Le Pape leur a délivré une petite catéchèse improvisée sur la question du discernement, et des signes de Dieu qui se manifestent dans la vie de tous les jours. «Quand dans notre vie nous ne trouvons aucune étoile particulière qui nous appelle à faire quelque chose de plus, quelque chose de bon, à entreprendre un chemin, aussi à prendre une décision, quelque chose ne va pas, a-t-il martelé. Et nous devons demander la grâce pour découvrir l’étoile que Dieu veut aujourd’hui me faire voir, parce que cette étoile me conduira à Jésus. C’est le premier signe, le premier signal. Second signal, celui que les anges disent au berger : "C’est cela le signal : un enfant, né dans une mangeoire." La petitesse de Dieu : Dieu s’est abaissé, il s’est annihilé pour être comme nous, pour cheminer devant nous (...). Cela signifie l’humilité de Dieu qui va contre l’orgueil, la suffisance, la superbe.»

«Est-ce que ma vie est une vie douce, humble, qui ne "pue pas sous la narine", qui n’est pas orgueilleuse?» , a demandé le Pape, estimant que «les Mages ont été rusés, parce qu’ils se sont laissés guider par l’étoile.»  «Je dois découvrir l’étoile que Dieu veut pour moi, c’est elle qui me guidera», a souligné le Saint-Père, invitant donc chacun des jeunes présents à trouver sa bonne étoile. 

Le Saint-Père a ensuite rencontré les frères de la communauté franciscaine, et s’est arrêté en prière devant la fresque qui représente la première crèche réalisée à Greccio par Saint François d’Assise. Après s’être brièvement entretenu avec les frères, il est reparti vers 15h30 en direction de Rome.

Le lieu de "l'invention" de la crèche

C’est en ce lieu que Saint François d’Assise organisa dans une grotte la première crèche vivante dans la nuit du 25 décembre 1223. La tradition affirme, mais sans véritable certitude historique, que le Poverello avait gardé de son pèlerinage en Terre Sainte un souvenir très vivace de Bethléem et qu’il avait voulu reproduire l’image de la Nativité. En préparant l’Eucharistie de Noël, il demanda à un de ses amis de rassembler les objets nécessaires pour reproduire le cadre de la naissance de l’Enfant-Jésus à Bethléem, la mangeoire, le foin, l’âne et le bœuf pour que l’on puisse voir avec les yeux du corps, les difficultés dans lesquelles il s’est trouvé. Les nombreuses personnes présentes en furent bouleversées. Depuis, un couvent franciscain a été construit au-dessus de la grotte de la première crèche de l’histoire.

Saint François était très inspiré par le mystère de l’Incarnation car il reconnaissait l’humilité et la pauvreté dans la naissance de Jésus. Aujourd’hui, la représentation de la crèche est une pratique largement répandue même si elle est parfois contestée par les autorités civiles, en France et en Espagne notamment. 

(CV-RF)

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)