La mort de Johnny Hallyday suscite une pluie d'hommages

2017-12-06 Radio Vatican

(RV)

Par Cyprien Viet

La France est à nouveau en deuil ce mercredi. Après l’académicien Jean d’Ormesson hier, elle a perdu la nuit dernière sa plus grande rock star. "L’idole des jeunes" n’est plus. Johnny Halliday est décédé des suites d’un cancer.

Né en 1943, Jean-Philippe Smet, fasciné par la culture américaine, avait choisi le nom de Johnny Hallyday en référence à Lee Halliday, nom de scène d'un danseur américain qui était le mari d'une des cousines qui l'a élevé, et qui le surnommait "Johnny". Sa longévité au sommet du hit-parade est exceptionnelle: en plus de 50 ans de carrière, il avait vendu plus de 100 millions de disques et remporté 10 Victoires de la musique. Des années "yéyé" et de son déhanché aux années rock et blues, il a traversé les décennies, rassemblant des dizaines de milliers de spectateurs dans les plus grands stades. «De Johnny Hallyday nous n'oublierons ni le nom, ni la gueule, ni la voix, ni surtout les interprétations», a déclaré dans un communiqué le président de la République Emmanuel Macron, ami personnel du chanteur, qui a aussi effectué une carrière remarquée en tant qu'acteur de cinéma.

Johnny Hallyday, qui arborait régulièrement une croix bien visible, y compris dans ses spectacles, semblait proche de la foi chrétienne. Après avoir vécu une existence parfois extrême et marquée par la drogue, il s'était depuis 20 ans assagi et apaisé grâce à sa relation avec sa jeune épouse Laeticia, profondément croyante et fervente admiratrice du Pape François, comme le rapportent nos confrères du site Aleteïa. «Aujourd'hui, par respect et par amour pour cet homme extraordinaire qui fut le mien pendant plus de 22 ans (...) nous unissons tous nos prières, et nos coeurs», a-t-elle déclaré à l'annonce de sa mort.

Face à cette disparition qui a ému des millions de Français, de Belges, et touche de nombreux fans dans tout le monde francophone et au-delà, plusieurs réactions sont venues des responsables de l'Église. Tôt ce matin, le porte-parole de la conférence des évêques de France, Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, a délivré ce tweet émouvant: «Il a vécu les succès et la gloire. Il a éprouvé la tristesse et les combats. Il est appelé aujourd’hui à contempler la source de l’amour. Je pense a sa femme, ses enfants, ses fans. L’amour ne meurt pas.» Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a lui délivré un tweet au ton très personnel, délivrant une anecdote étonnante: «Prions pour Johnny ! Mille souvenirs d’ado… Puis, juillet 2013. J’arrive à l’hôpital de Fort de France après mon infarctus à Cayenne. Le chirurgien me dit : "Le dernier à avoir occupé cette chambre, c’est Johnny". La seule de ma vie où je lui ai succédé quelque part.»

Au niveau du diocèse de Paris sont annoncées deux veillées de prières à la mémoire du chanteur: «Vous êtes si nombreux à avoir aimé Johnny Hallyday, son travail d’artiste, l’élan de vie si grand avec lequel il s’est donné sur scène et plus largement tout au long de sa vie ! Rendez-vous ce jeudi 7 décembre à 20h et dimanche 10 à 20h à l’église Saint-Roch, l’église des artistes, 296 rue Saint-Honoré, Paris 1er.»

Et alors que les décès de personnalités ont tendance à éclipser les drames vécus par des millions d'anonymes, qui vivent et s'éteignent parfois dans la misère, il faut relever ce tweet d'Étienne Villemain, fondateur de l'association Lazare qui vient en aide aux personnes sans-abri: «Pour beaucoup de nos amis de la rue, Johnny c'est un modèle, un père qui s'en va. Les voilà un peu plus pauvres... Entourons-les !»

La date et la forme de ses obsèques n'ont pas encore été formellement communiquées, mais un hommage national est envisagé.

 

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)