La force de Benoît XVI
«Benoît XVI est un homme qui écoute chacun ; c’est un homme qui va de l’avant fidèle à la mission qu’il a reçue du Christ». C’est ce que répète souvent le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat, en parlant du Pape. Et il l’a répété également lundi soir, 4 juin, en répondant aux questions de Alberto Maccari, directeur du Tg1, dans un entretien qui a été retransmis à 20h00. «Et je voudrais également souligner le fait – a-t-il ajouté – que Benoît XVI, comme chacun le sait, est un homme doux, de grande foi et de grande prière. Il ne se laisse certainement pas intimider par les attaques, quel que soit leur genre, ni par les dures sédimentations des préjugés».
Le cardinal Bertone a saisi l’occasion qui lui était offerte par la demande d’un bilan de la Rencontre mondiale des familles de Milan – à laquelle il a participé aux côtés du Pape – qui lui a été adressée par le journal télévisé de la première chaîne de la télévision italienne pour réaffirmer plusieurs concepts. Répondant ainsi à une question spécifique sur la possibilité que les événements qui trouvent tant de place dans les médias ces jours-ci soient « des insinuations instrumentalisées pour arriver à attaquer l’Eglise et le Pape », le secrétaire d’Etat a rappelé que « les attaques instrumentalisées ont toujours existé, à toutes les époques : je m’en souviens également en ce qui concerne mon expérience d’Eglise, par exemple à l’époque de Paul VI, qui n’est pas si lointaine. Mais cette fois, il semble qu’il s’agisse d’attaques plus ciblées, parfois également féroces, explosives et organisées».
A propos de l’état d’âme avec lequel le Pape vit ce moment, le cardinal s’est arrêté sur sa grande force morale, qui va même jusqu’à « soutenir ceux qui sont proches de lui et travaillent à ses côtés ». Un réconfort décisif est pour lui de sentir « la grande affection des personnes. En particulier ces jours derniers, il a ressenti une affection profonde des personnes proches de lui, des jeunes et des familles avec les enfants », comme par exemple cela lui a été manifesté précisément pendant les journées de Milan, au cours desquelles la foule « applaudissait frénétiquement le Pape ». Plus encore, « il me semble que le voyage à Milan – a précisé le prélat – lui a donné une force supplémentaire. En outre, je veux souligner une parole qu’il a prononcée de nombreuses fois, précisément aussi avant de quitter la cour de l’archevêché de Milan : il s’agit du mot « courage ». Il l’a dit aux autres, il l’a dit aux jeunes, aux jeunes qui cherchent à former une famille ; il l’a dit aux familles en difficulté et il l’a dit également aux autorités, et il le dit à toute l’Eglise. Il dit ce mot parce qu’il est convaincu intérieurement, c’est sa force issue de sa foi et de l’aide de Dieu, et il dit donc à tous : « courage ! ». Et il le dit également aux victimes du tremblement de terre. Je répète : je voudrais que nous intériorisions ce mot aux côtés du Pape, sous la direction du Pape ».
Effectivement, les trois jours de Milan ont concentré de manière exceptionnelle l’attention de l’opinion publique, « peut-être – Carlo Maccari en a fait l’hypothèse - en raison de la coïncidence avec l’enquête interne du Vatican dont nous avons tous parlé et dans laquelle on a vu une grande preuve de transparence pour le Vatican». La réponse du cardinal Bertone ne se fait pas attendre : « C’est aussi vrai. Je me rappelle justement de samedi soir, quand nous revenions du Parc Bresso, du grand rassemblement du soir, vers la cathédrale de Milan. J’étais avec le cardinal Scola et nous étions en voiture. Nous avons vu les vitraux de la cathédrale de Milan illuminés et nous avons immédiatement dit : « Voilà l’Eglise, une maison lumineuse, malgré tous les défauts des personnes dans l’Eglise ». Mais la transparence est un fait d’engagement, un fait de solidarité les uns avec les autres, de confiance. Ce n’est pas un acte de cynisme ou un acte de superficialité : il ne suffit pas d’avoir connaissance de certains documents et de publier des documents partiels pour connaître la pleine vérité sur les faits. Il se produit souvent cela : que les éclaircissements sont le fruit d’un travail de dialogue, de rapports personnels et également de conversion du cœur, qui ne résulte pas seulement des documents ou de la bureaucratie. Les documents sont importants,mais les rapports personnels le sont beaucoup plus. Ce qu’il y a de plus triste dans ces événements et dans ces faits est la violation de la vie privée du Saint-Père et de ses plus proches collaborateurs. Je voudrais cependant dire que ces derniers jours n’ont pas été et ne sont pas des jours de division mais d’unité, et je voudrais également ajouter que ce sont surtout des jours de force dans la foi, de ferme sérénité également dans les décisions. C’est le moment de la cohésion de tous ceux qui veulent vraiment servir l’Eglise ».
Comme l’a démontré l’événement de Milan, au cours duquel « nous avons tous fait l’expérience – a souligné le secrétaire d’Etat – de cette manifestation extraordinaire d’amour pour le Pape et d’accompagnement, de soutien à sa personne et à son magistère, à son œuvre, de la joie et de l’enthousiasme autour de lui. J’ai vu un très grand nombre de personnes qui étaient émues, également dans les rues de Milan. Il s’agit des rues de Milan le vendredi ou le samedi, donc le week end, et pas seulement lors des grands rassemblements du stade ou du parc de Bresso. Cela se produisait vraiment partout. Cela a donc été une belle manifestation d’amour pour le Pape en ce moment particulier et un acte d’estime pour Benoît XVI, qui n’a pas été appelé fortuitement « le grand entraîneur » de la grand équipe de l’Eglise universelle pour les championnats du troisième millénaire. Il a eu une « standing ovation » qu’aucun joueur, aucun entraîneur et aucun acteur de la vie sociale ou artistique n’a eue. Une ovation qui a réellement rendu le Pape heureux. « Il était très content – a confié le cardinal – et aussi très ému ».




