La Comece s'inquiète d'une crise de solidarité et de confiance de l'Europe

2016-03-07 Radio Vatican

(RV) A la veille du sommet européen sur la crise des migrants, les évêques européens, réunis en assemblée plénière,  ont tenu à réaffirmer l’importance du Projet européen pour la paix dans le monde. Pour gérer les flux et garantir la sécurité, les évêques exhortent à miser davantage sur les valeurs fondamentales, plus que sur des stratégies concrètes. Selon le cardinal Reinhard Marx, président de la Comece, l’Union européenne traverse une crise de solidarité et de confiance.

Au-delà de la crise migratoire, une réflexion approfondie s’impose sur les déséquilibres économiques et financiers. L’accueil et la répartition des réfugiés, en particulier de ceux qui fuient la guerre en Syrie, ont accentué des tensions qui divisaient déjà les pays membres de l’UE. La méfiance et les récriminations paralysent les actions concrètes qu’il faudrait entreprendre ensemble. Que va devenir l’Europe, s’interroge l’archevêque de Munich en évoquant notamment le referendum prévu au Royaume Uni et les risques d’un Brexit. Pour faire face aux défis actuels, l’Europe doit parvenir à parler d’une seule voix. La cohésion des européens, selon les évêques, est le grand défi de notre temps. La valeur ajoutée de l’Europe ne se mesure pas en euros et en centimes : la coexistence pacifique des peuples et la libre circulation des personnes sont des valeurs, des idées et ne doivent pas être traitées comme des marchandises.

Face à la crise migratoire, soulignent encore les évêques de l’Union européenne, il faut œuvrer en amont, en s’efforçant de pacifier la Syrie. Dans le contexte actuel, les évêques européens estiment qu’il est urgent de faire entendre la voix de l’Eglise catholique notamment au sujet des réfugiés. Le bilan du travail effectué par la sous-commission pour les migrations et l’intégration, présidée par un évêque autrichien, sera publié d’ici la fin du mois. Au terme de leur assemblée plénière, les évêques ont par ailleurs annoncé que le prix Charlemagne serait remis au Pape François le 6 mai au Vatican. C’est la 2° fois depuis la création de ce prix qu’un pape est récompensé. Le premier a été Jean-Paul II en 2004. (OB-RF)

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)