Jeudi Saint : le Pape François lavera les pieds de 12 réfugiés

2016-03-22 Radio Vatican

(RV) Ce Jeudi Saint, 24 mars 2016, le Pape François célèbrera le rite du lavement des pieds dans un centre d’accueil des réfugiés à Castelnuovo di Porto, une petite ville de 9000 habitants située à 30 kilomètres au nord de Rome, qui accueille près de 900 migrants africains, presque tous des garçons de moins de 30 ans, arrivés en Italie irrégulièrement et qui veulent obtenir le statut de demandeurs d'asile.

Le Pape célèbrera la messe In Coena Domini à 17h.

Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la Nouvelle évangélisation et organisateur du Jubilé de la Miséricorde, l’a annoncé dans L’Osservatore Romano.

Les précisions de Cyprien Viet.

«Un signe simple mais éloquent». Le Pape s’abaissera pour laver les pieds de 12 réfugiés, dont beaucoup de jeunes qui ne sont pas catholiques, «une façon d’indiquer la voie du respect comme voie maîtresse pour la paix» selon Mgr Fisichella.

Depuis son élection en 2013, le Pape a toujours célébré ce rite du Jeudi Saint dans des lieux symboliques des périphéries de l’humanité, dans des prisons en 2013 et en 2015, et dans un hôpital en 2014.

Cette visite dans un centre de réfugiés s’inscrit aussi en cohérence avec ses nombreux appels pour une meilleure attention au sort des réfugiés. Lors de l’angélus du 6 septembre dernier, notamment, il avait demandé à ce que chaque paroisse et chaque communauté religieuse s’organise pour assurer l’accueil d’une famille de réfugiés.

«Des millions de réfugiés sont en train de montrer au monde les traits réels d’un nouvel exode qui déplace des masses de gens abandonnés, sans maison ni patrie, rappelle Mgr Fisichella. Ils s’enfuient à contrecœur sous la pression de la violence gratuite, de la guerre inutile, et des morsures de la faim, vers des destinations qui souvent sont le fruit de l’imagination plus que de la réalité.»

La désillusion est souvent terrible pour ces réfugiés, confrontés aux violences policières, au mépris des populations, et aux inerties administratives.

La guerre de Syrie a provoqué à elle suite la fuite de près de cinq millions de ressortissants, essentiellement vers le Liban, la Turquie et la Jordanie. L’Europe est très divisée : l’Allemagne a ouvert largement ses portes, mais au prix de grandes tensions politiques dans le pays.

L’Italie et la Grèce, confrontées à un afflux massif, tentent d’organiser le sauvetage des réfugiés en mer Méditerranée, avec l’aide des ONG, mais les noyades sont encore régulières et la crise migratoire est aussi devenue une crise sanitaire.

(CV)

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)