Entrée en vigueur de l'accord global entre le Saint-Siège et la Palestine

2016-01-02 Radio Vatican

(RV) L'accord global entre le Saint-Siège et l’État palestinien, signé le 26 juin 2015 au Vatican et reposant sur l’accord de base signé le 15 février 2000, est entré en vigueur ce samedi 2 janvier 2016. Composé d'un préambule et de 32 articles, cet accord porte sur les aspects essentiels de la vie et de l'activité de l'Eglise catholique en Palestine. Le document réaffirme également le soutien de l'Église à une solution négociée et pacifique au conflit israélo-palestinien.

Vendredi 26 juin 2015 au Vatican, Mgr Gallagher, secrétaire pour les Rapports avec les États, et Riad Al-Malki, ministre palestinien des Affaires étrangères ont assisté à la signature officielle de l'accord global entre le Saint-Siège et l’État palestinien. Présents également, le patriarche latin de Jérusalem, le nonce apostolique en Terre sainte et le délégué apostolique à Jérusalem et en Palestine. Pour la Palestine, son représentant près le Saint-Siège assistait à la signature ainsi que, entre autres, les maires de Bethléem et de Ramallah.

Une stimulation pour la paix

L’Accord est constitué par un préambule et par 32 articles divisés en huit chapitres. Le texte s’occupe des aspects essentiels de la vie et de l’activité de l’Église catholique en Palestine. Il s’agit de la liberté d’action de l’Église, de sa juridiction, du statut personnel, des lieux de culte, des activités sociales et caritatives de l’Église, de ses moyens de communication sociale, des questions fiscales et de propriété.

Dans son discours du 26 juin dernier, Mgr Gallagher a exprimé le souhait que «l’Accord puisse d’une certaine manière être une stimulation pour mettre fin définitivement au conflit israélo-palestinien qui dure depuis des années et qui continue à causer des souffrances aux deux parties. J’espère, a-t-il continué, que la solution souhaitable de des deux États devienne une réalité le plus tôt possible. Le processus de paix ne peut progresser que seulement à travers la négociation entre les parties en présence et avec le soutien de la communauté internationale. Cela demande certainement des décisions courageuses» a-t-il reconnu.

Le chef de la diplomatie vaticane a précisé que «les catholiques ne veulent aucun privilège sinon celui de continuer à collaborer avec leurs concitoyens au bien de la société». Il a signalé aussi que «l’Église locale, qui a été impliqué dans les négociations, est satisfaite du résultat obtenu et qu’elle est heureuse de voir consolidés ses bons rapports avec les autorités civiles

Cet accord représente également «un bon exemple de dialogue et de collaboration» entre chrétiens et musulmans dans «le contexte complexe du Proche-Orient où, dans certains pays, les chrétiens ont souffert de persécutions» a ajouté Mgr Gallagher, saluant en particulier le chapitre consacré à la liberté religieuse et de conscience.

Fruit d'un long processus

Le parcours qui a mené à cet Accord global a été jalonné d’étapes importantes. En juin dernier, le père David Neuhaus, vicaire patriarcal pour la communauté catholique d’expression hébraïque d’Israël, rappellait dans les colonnes de la Civiltà cattolica, la revue des jésuites italiens, que Paul VI avait été le premier pape à affirmer en 1975 que les Palestiniens n’étaient pas un simple groupe de réfugiés mais un peuple. En 1987, pour la première fois, Jean-Paul II a nommé un Arabe palestinien à la tête du Patriarcat latin de Jérusalem. Mgr Michel Sabbah n’a cessé de dénoncer, sans détours, les souffrances endurées par son peuple à cause de l’occupation. Le chef de l’OLP, Yasser Arafat, a été reçu à plusieurs reprises au Vatican à partir de 1987.

Le Saint-Siège a ensuite établi des relations avec l’État d’Israël en 1993 et avec l’OLP en 1994. Dans l’Accord fondamental avec Israël, l’Église indique clairement qu’elle rejette toute interprétation religieuse pour justifier des ambitions territoriales. Puis il y a eu la visite de Jean-Paul II à Yad Vashem et au camps de réfugiés palestiniens d’Aïda. A son tour, Benoît XVI a demandé que la solution de deux États devienne réalité et ne demeure pas un rêve. Enfin comment oublier la rencontre historique et inédite des présidents israélien et palestinien dans les jardins du Vatican à l’invitation du Pape François le 8 juin 2014, en la solennité de la Pentecôte.

Lors de la signature de cet accord, le ministère israélien des Affaires étrangères avait averti que cette mesure nuirait aux efforts de paix. Israël déplorait en particulier la décision du Saint-Siège de reconnaître officiellement l'Autorité palestinienne comme un État, une mesure qualifiée de précipitée, et accusait les signataires de ne pas prendre en considération les intérêts essentiels israéliens et le statut historique spécial du peuple juif à Jérusalem.

(MD)

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)