Du côté du contenu

2012-06-13 L’Osservatore Romano
« Le Pape Niccolò V » (Vatican latin 171, feuillet 138 verso)Deux responsables, vingt-cinq collaborateurs, douze ans de travail : voilà les chiffres du Guide des fonds manuscrits, numismatiques et imprimés de la Bibliothèque vaticane, sous la direction de Francesco D’Aiuto et Paolo Vian, publié dans la collection « Studi e testi » de la même Bibliothèque. On peut ajouter un dernier chiffre, qui révèle immédiatement le caractère imposant de l’entreprise : 1557 pages en deux gros volumes.
Le Guide des fonds manuscrits, numismatiques et imprimés de la Bibliothèque vaticane, qui est présenté officiellement le 14 juin, n’est pas seulement un mode d’emploi pour les usagers, de même que la Bibliothèque apostolique vaticane n’est pas seulement une bibliothèque. La collection  privée de l’évêque de Rome « avec tous ses documents, manuscrits et archives, volumes imprimés, monnaies et médailles, dessins, gravures, plaques pour impression, photographies – écrit le préfet Cesare Pasini – est un trésor merveilleux à fouiller ». Un trésor qui depuis plus d’un demi millénaire, avec les Musées du Vatican et les Archives du Vatican, exprime au mieux la présence féconde  de la papauté dans l’histoire de la culture, témoignant matériellement combien la foi chrétienne, en particulier le catholicisme romain, a été et est capable de se confronter et d’engendrer les expressions culturelles les plus diverses.

Un texte comme celui de ce Guide – fruit d’un travail de rédaction et de coordination  des contributions de vingt-sept chercheurs qui a duré douze ans, contraint en raison de la complexité multiforme de la matière qu’il traite de suivre des rythmes de croissance imprévisibles en phase de projet – finit par ressembler davantage à un organisme vivant  qu’à un baedeker, à une mosaïque plus qu’à un dessin ; à un Rashömon intentionnellement polycentrique et polyphonique, pour citer l’image évoquée par les deux responsables, Francesco D’Aiuto et Paolo Vian, dans le préambule des deux volumes.

La citation du chef-d'œuvre de Kurosawa n’est pas un hasard : « Ce que l’on perd en clarté immédiate – écrivent les deux chercheurs – est gagné par l’ampleur et par  la multiplicité des perspectives (…) dans les pages du  Guide apparaissent les Papes, bibliothécaires, ‘custodes’, scriptores qui ont marqué le chemin séculaire de cette institution, et le cadre que l’on peut recomposer à partir des différentes perspectives finit par être lui aussi une histoire de la « Vaticane », mais du côté du contenu, plus que de l’enveloppe : d’en-bas et non d’en-haut, par segments individuels  et non dans la continuité d’un flux historique unitaire. Le Papyrus BodmerDans cette optique, peut-on ajouter, ressort encore mieux  la nature plurielle de la  « Vaticane », regroupement de différentes bibliothèques insérées dans une unique structure de conservation ». 

Des deux tomes de ce « guide au visage humain » - également capable de fournir des conseils dont le chercheur n’a pas toujours  clairement conscience d’avoir besoin et une « signalisation » claire et concise qui l’aide à formuler les questions justes, outre qu’à trouver la route  pour atteindre la réponse qu’il cherche - , nous en avons parlé avec les deux responsables : Francesco D’Aiuto, byzantiniste à l’Université de Rome Tor Vergata, pendant quelques années bibliothécaire de la Vaticane, et Paolo Vian, qui en est aujourd’hui  directeur du Département des manuscrits.