Cité par "La Vie", le Pape évoque ses liens avec la France

2016-03-02 Radio Vatican

(RV) L'hebdomadaire chrétien La Vie propose ce mercredi 2 mars 2016, sur son site internet, l'étonnant récit du dialogue entre le Pape François et une délégation des "Poissons roses", un mouvement de chrétiens de gauche qui s'attache à faire vivre, contre vents et marées, la pensée sociale de l'Église au sein du Parti socialiste actuellement au pouvoir en France. Ils étaient accompagnés par des membres du think-tank personnaliste "Esprit Civique".

Parmi les membres de la délégation, trois députés français de gauche, Dominique Potier (Meurthe-et-Moselle), Monique Rabin (Loire Atlantique) et Bruno-Nestor Azerot (Martinique), des élus et militants locaux, ainsi que Jérôme Vignon, le président des Semaines sociales de France. La délégation comprenait également une intellectuelle musulmane, Karima Berger, présidente de l'association "Écritures et spiritualités" anciennement dénommée "association des écrivains croyants d’expression française".

Dans un long article publié sur lavie.fr sous le titre "Conversation politique avec le Pape François", le directeur de la rédaction de La Vie, Jean-Pierre Denis, détaille quelques éléments de cet échange, tenu en dehors de l'agenda officiel du souverain pontife. Le Pape y redit notamment son attachement à la construction européenne, dans un ton proche de celui qu'il avait utilisé en novembre 2014 lors de son intervention au Parlement européen à Strasbourg. «Si l’Europe veut rajeunir, il faut qu’elle retrouve ses racines culturelles, a dit le Pape à la délégation française. De tous les pays occidentaux, les racines européennes sont les plus fortes et les plus profondes. A travers la colonisation, ces racines ont même atteint le nouveau monde. Mais en oubliant son histoire, l’Europe s’affaiblit. C’est alors qu’elle risque de devenir un lieu vide.» Et de regretter l'absence de leaders charismatique susceptibles de refonder le projet européen : «Parfois je me demande où vous trouverez un Schuman ou un Adenauer, ces grands fondateurs de l'Union européenne.»

Un lien ténu avec la France

Le Pape François s'exprime aussi sur ses liens méconnus avec la France, pays qu'il avoue connaître plutôt mal : «Je suis allé seulement trois fois en France, à Paris, pour des réunion de jésuites, lorsque j’étais provincial. Je ne connais donc pas votre pays. Je dirais qu’il exerce une certaine séduction, mais je ne sais pas très précisément dans quel sens… En tous cas, la France a une très forte vocation humaniste. C’est la France d’Emmanuel Mounier, d’Emmanuel Levinas ou de Paul Ricœur.» Trois grands penseurs du XXe siècle, représentatifs de la diversité spirituelle de la France : «un catholique, un juif, un protestant !», remarque Jean-Pierre Denis. 

Le Pape exprime son respect pour le modèle français de la laïcité, tout en en regrettant les interprétations les plus restrictives, prônées par une partie de la classe politique en France : «Une laïcité saine comprend une ouverture à toutes les formes de transcendance, selon les différentes traditions religieuses et philosophiques. D’ailleurs même un athée peut avoir une intériorité», remarque le Saint-Père.

Le Pape revient également sur sa conception du dialogue interreligieux, précisant qu'il faut «dialoguer, dialoguer encore». Il affirme d'ailleurs préparer une rencontre avec les responsables de l'Université Al-Azhar, basée au Caire, et qui fait autorité sur une grande partie de l'islam sunnite. Après une période de blocage, les canaux de discussion ont été rétablis sous le pontificat du Pape François, grâce notamment aux efforts des responsables du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux.

(CV- extraits de l'article diffusé par lavie.fr)

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)