Catholiques et orthodoxes russes, un rapprochement qui vient de loin

2016-02-12 Radio Vatican

(RV) Le Pape François s’entretient ce vendredi 12 février à La Havane avec le Patriarche de Moscou, Cyrille 1er, chef de l’orthodoxie russe. Cette rencontre historique vient récompenser les acteurs du rapprochement entre Moscou et Rome. Un dialogue qui fut parfois mouvementé. En 1997, une rencontre prévue à Graz, en Autriche entre le Pape Jean-Paul II et le Patriarche Alexis II avait été annulée en raison des tensions persistantes entre les deux Églises sur deux dossiers : la création de nouvelles circonscriptions ecclésiastiques catholiques en Russie, considérée comme le territoire canonique réservé de l’Église orthodoxe. Autre sujet de tensions : l’uniatisme, c’est-à-dire le retour vers Rome d’une partie des orthodoxes à la fin du XVIe siècle, dans ce qui est devenu l’Église gréco-catholique ukrainienne et représente plus de quatre millions de fidèles.

Un dialogue antérieur à la chute de l'Union Soviétique

Par la suite, le patriarche Alexis II avait toutefois manifesté une volonté de rapprochement avec l’Église catholique. Un avant sa disparition en 2008, il était notamment venu à Paris, et lors d’une célébration à Notre-Dame, il avait prié devant les reliques de la Passion du Christ. Dans une lettre à Benoit XVI en 2006, Alexis II avait affirmé que « l’Occident est confronté à de graves défis qui exigent des engagements communs. » Son successeur Cyrille 1er, élu Patriarche en 2009, se situe dans cette continuité. Il avait débuté son ministère auprès de Nicodème, métropolite de Leningrad, artisan du rapprochement avec les catholiques et décédé brutalement en pleine rencontre avec le Pape Jean-Paul 1er, en 1978. Ce dialogue entre Rome et l’orthodoxie russe est donc antérieur à la chute de l’URSS.

Depuis 10 ans particulièrement, les échanges culturels, artistiques se sont multipliés entre Rome et Moscou. La rencontre de La Havane ne relève pas de l’improvisation mais est bien le fruit d’un effort de longue haleine, même si la situation dramatique des chrétiens d’Orient a rendu ce rapprochement particulièrement urgent.

(OB-CV)

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)