Benoît XVI, le Pape vert

2013-02-28 Radio Vatican

Le 22 septembre 2011, Benoît XVI est sur ses terres, à Berlin. Invité à s’exprimer devant le Bundestag, le parlement, le Pape fait une lecture originale de l’émergence du mouvement écologique allemand dans les années 70 et crée la surprise. Pendant de longues minutes, il est applaudi debout par les députés. Une fois encore, le Pape n’est pas là où on l’attend. Dans un pays où la question écologique est particulièrement sensible, le souverain pontife est allé sur un terrain où il serait écouté.

De l’écologie, Benoît XVI en a parlé tout le long de son pontificat. Une écologie de l’homme qui prend racine-oserait-on dire-dans un développement humain intégral théorisé dans son encyclique Caritas in Veritate (2009). « Lorsque l'Eglise catholique prend la défense de la Création, œuvre de Dieu, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air (...) mais aussi protéger l'homme contre sa propre destruction » argumente Benoît XVI. Un thème qui sera récurrent dans ses interventions publiques.

Une écologie de l’homme

Si les journalistes ont noté avec amusement les panneaux solaires fixés sur le toit de la salle Paul VI ou découvert que la papamobile est désormais un modèle hybride, ce n’était que la partie émergée de l’iceberg. A temps et à contretemps, Benoît XVI n’a eu de cesse de remettre l’homme en perspective dans le dessin de la Création, un homme qui ne peut rester autosuffisant, centré sur lui-même.

Cette vision vient de loin. Alors qu’il était encore archevêque de Munich, Joseph Ratzinger avait prêché une retraite de Carême en relisant les premiers chapitres de la Genèse, qui était une véritable apologie de la nature. Et pour celui qui deviendra Pape, la sauvegarde de l’homme est intrinsèquement liée à la sauvegarde de la Création.

Une tradition renouvelée

L’écologie n’est pourtant pas l’apanage du pontificat du pape allemand. Paul VI fut le premier, en 1972, à alerter l’humanité pour qu’elle respecte la biosphère et mette un frein à la poussée aveugle du progrès matériel, et Jean-Paul II, dès son élection en 1978 a déclaré Saint-François d’Assise patron des écologistes.

Mais Benoît XVI a tenu à marquer son action et appuyer ses discours. En Novembre 2009, il se rend à la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation dont le siège est à Rome. « Il est nécessaire de contester le recours à certaines formes de subventions qui perturbent gravement le secteur agricole » souligne-t-il, fustigeant l'égoïsme et la spéculation céréalière.

Dernière initiative en date il y a quelques jours, le 2 février dernier, où le Pape envoie un message de soutien à l’IFAD, le fonds international de développement agricole dont le conseil des gouverneurs est réuni dans la capitale italienne. Benoit XVI salue l’organisation qui met fait passer le développement durable avant la simple assistance, vante la culture du don et le principe de gratuité.