AMERIQUE/CHILI - Rappel de la dette envers le peuple Mapuche de la part de l’Evêque de Temuco à la veille du dépôt du projet de loi sur l’Araucanie

Arica – En participant à un séminaire dédié à la réalité national hier à Arica, dans le nord du Chili, l’Evêque de Temuco, S.Exc. Mgr Héctor Vargas, a relaté son expérience de membre de la Commission de dialogue pour la cause Mapuche. « Nous avons subi six mois de vexations continuelles. De toutes parts pleuvaient de dures critiques – a déclaré l’Evêque selon la note parvenue à Fides. Dès que j’ai été nommé membre de la Commission, les réactions ont été terribles. Je n’ai jamais vu autant de mensonges, de calomnies et de dénigrement gratuits ».
Les travaux de la Commission consultative pour l’Araucanie ont débuté le 8 juillet 2016 et se sont poursuivis jusqu’au 23 janvier de cette année, lorsque le rapport final a été remis au Président chilien, Michelle Bachelet. Au cours des près de six mois de travaux des 22 représentants des différents secteurs de la zone, les difficultés n’ont pas manqué, selon l’Evêque, tout comme également les épisodes curieux.
« Lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois, nous étions 22 inconnus dont la moitié regardait de travers l’autre moitié – a indiqué Mgr Vargas. Chacun faisait les comptes et, par principe, défendait son propre secteur. Ce fut alors que j’ai suggéré de ne pas voter les propositions. Si un seul d’entre nous n’était pas d’accord, la proposition n’était pas acceptée. A la fin nous nous sommes accordés sur 70 propositions ».
En concluant, l’Evêque a affirmé : « Selon le dernier recensement, plus de 200.000 Mapuches vivent dans la IX° Région. Le peuple Mapuche, et je ne parle pas là de groupes extrémistes qui sont très peu, demeure extrêmement tranquille. Sur un total de 3.500 communautés, pas plus de 40 ne sont impliquées dans la violence. Malgré les 18 églises incendiées, je crois profondément qu’à part des groupes extrémistes et violents, il existe une dette significative envers ce peuple ».
A la fin du mois de juin devrait être prêt le projet de loi sur l’Araucanie. Le texte, élaboré suite aux conclusions de la Commission consultative, a provoqué des critiques encore avant de faire son entrée au Parlement. Les communautés accusent en particulier les autorités de ne pas avoir été prises en considération lors de la rédaction du texte.